[Prix] Femmes inspirantes

Communiqué de presse

Le 26 janvier dernier se déroulait à l’hôtel Hermitage de Monaco, une cérémonie de remise de prix « Femmes inspirantes », organisée par MWF Institute by Sowl Initiative. Lors de cette cérémonie, trois femmes ont été célébrées, chacune représentant un continent différent : l’Afrique, l’Occident et l’Orient.

 

Revenons à la genèse de MWF Institute, association à Monaco.

MWF Institute est né en mars 2021, sous l’impulsion de Patricia Cressot et Johanna Damar Flores. Elles ont été rapidement rejointes par une équipe de passionnées : Louisette Azzoaglio, Jean-Claude Mourad, Pascale Caron, Julie Clémentine Faure, Aude Lefevre Krumenacker et Nelly Montanera.

MWF Institute Institute est un Think Tank ; il s’agit d’une plateforme de networking pour les femmes, et d’un outil de compréhension des marchés financiers, de l’économie, du droit, des enjeux de société. MWF Institute est entouré d’un cercle exceptionnel d’experts, dans des domaines aussi variés que la finance, la philosophie, les smart city, la Tech, l’économie, l’art, etc.

Mais tout a commencé en octobre 2019, lorsque la présidente Patricia Cressot crée le webzine Sowl Initiative. D’origine libanaise, après avoir grandi en suisse, avoir eu une carrière à Paris, Luxembourg, elle s’est établie à Monaco depuis 6 ans. En parcourant 12 pays d’Afrique subsaharienne, elle se rend compte que les femmes ont une place différente selon qu’elles viennent du continent africain, d’occident ou du Moyen-Orient. En effet, l’Afrique est un matriarcat : les femmes gèrent souvent la bourse du ménage, organisent les tontines, se plient en quatre pour vendre et nourrir leur famille. En Europe, les problèmes sont différents. On parle de syndrome de l’imposteur, de patriarcat, de différence salariale, de syndrome de la reine des abeilles. L’approche orientale encore est différente : madame est souvent derrière monsieur, mais porte la famille avec le cœur.

Elle a voulu mettre en valeur ces parcours qui sont un exemple de ces 3 continents.

Elle a commencé ces articles, pendant la covid. Pascale Caron a rejoint depuis ce projet il y a 2 ans et a continué avec brio les interviews, de femmes entrepreneures. Elle en est Directrice de publication. Pascale est très active au sein de MWF et de Sowl Initiative et elle est également cheffe d’entreprise à Monaco : elle a co-fondé Yunova Pharma, laboratoire de compléments alimentaires dans la Neurologie.

 

Le prix des « Femmes inspirantes »

Le 21 décembre, le comité MWF Institute avait sélectionné 12 femmes inspirantes (4 par catégorie) parmi les 140 interviewées de notre webzine, Sowl Initiative. Au terme d’un vote ouvert à tous qui a déchainé les passions, nous avons organisé une soirée à l’hôtel Hermitage à Monaco en partenariat avec le Lions club. Lors de ce diner ont été décernés les prix, Sowl Afrique, Sowl Occident et Sowl Orient.

 Lors de cette cérémonie, chacun des prix a été remis par une personnalité de Monaco.

Prix Sowl Afrique

C’est Laurence Jenk entrepreneure et Artiste à Monaco qui a remis le prix, Sowl Afrique. Créant depuis les années 1990, JENK est connue pour ses sculptures Wrapping Bonbons aux couleurs éclatantes. Elle sculpte des bonbons plus grands que nature, de tailles variées, dans des matériaux tels que le bronze, le plexiglas, l’aluminium, le marbre et le Verre de Murano. En 2019 Laurence JENK est nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et son travail est présent dans plus de 25 pays. Elle est représentée par de nombreuses galeries et fait partie d’importantes collections privées, publiques et institutionnelles.

Les candidates pour le prix femmes inspirantes Sowl Afrique, étaient : Awa Sagna, fondatrice de Peuhl Fulani, Katy Marcos, fondatrice Couleur Bois, Adama Ndiaye, fondatrice de la « Dakar Fashion Week » et Diane Binder, fondatrice de REGENOPOLIS.

Le prix Sowl Afrique, a été décerné à Awa Sagna, fondatrice de Peuhl Fulani une marque de prêt à porter inclusif inspiré de la culture Peuhl. Elle a fondé en parallèle la « Maison de l’Afrique — Berceau de l’Humanité » pour soutenir les artistes et les jeunes startups qui souhaitent se développer entre la France et l’Afrique.

 

Prix Sowl Occident

Le prix Sowl Occident a été remis par Nadine Renaud Cacace, Directrice du Pôle Monaco international de CFM Indosuez Wealth Management. Nadine est banquière avec plus de 30 ans d’expérience. Nous sommes heureux d’avoir eu la banque comme partenaire pour cette soirée dédiée aux femmes inspirantes. CFM Indosuez est en effet la banque leader responsable sur la Principauté avec ses 400 collaborateurs engagés, dont la moitié sont des femmes

Les candidates pour le prix femmes inspirantes Sowl Occident, étaient : Bahia Sharara, cofondatrice de Clean green Monaco, Aïda Meghraoui-Kheddar, fondatrice & CEO d’AMKbiotech, Sophie Chatelier fondatrice de la nouvelle Herboristerie et Christelle Caucheteux, fondatrice de LifeBloomAcademy.

Le prix Sowl Occident, a été décerné à Christelle Caucheteux, fondatrice de LifeBloomAcademy : une entrepreneure sociale, professeure, exploratrice en pédagogie et passionnée par l’éducation et les Ed Tech. Au sein du collège qu’elle a créé, l’équipe pédagogique accompagne les jeunes adolescents à être entrepreneurs de leurs vies. Ils développent des « Soft Skills » afin de comprendre que le savoir-être est plus important que le savoir-faire.

 

Prix Sowl Orient

Le prix, Sowl Orient a été remis par Bouran Hallani, Présidente « Les amis du Liban » à Monaco. Boubou est une Libanaise entrepreneure et fondatrice de l’Association Les Amis du Liban à Monaco. Le but le but est d’offrir des conditions de vie meilleures aux enfants libanais, quel que soit leur milieu, leur religion ou leur statut social. Au cours des années, l’association a étendu son action en venant en aide aux familles d’Haïti, de Nice ou encore d’Ukraine. En 2009, l’engagement de la Présidente des Amis du Liban à Monaco a été officiellement reconnu par les Nations Unies. Ils l’ont nommée « Ambassadrice de Bonne Volonté en Europe de L’Ouest », dans le cadre de l’initiative « Live Lebanon ».

Les candidates pour le prix femmes inspirantes Sowl Orient, étaient : Hala Dahrouge, Fondatrice et Présidente de Liban TROC, Linda Hassan, pour le poème « Liban Soufflé », Ines Baccouche Fondatrice d’Art for Ness, Sophie Leray, pour Women in Leadership.

Le prix Sowl Orient, est décerné à Sophie Leray, pour Women in Leadership. En 2008, elle a fondé le Global WIL Economic Forum (« Women In Leadership »), la première plateforme pour les femmes d’affaires dirigeantes au Moyen-Orient et en Asie. En 2016, elle a co-écrit « Game Changers: How Women in the Arab World Are Changing the Rules and Shaping the Future » sur la place de la femme dans le monde arabe. Elle est rentrée en France depuis peu et a décidé récemment de poser ses valises chez Initiative Côte d’Azur en tant que Directrice afin de soutenir l’entrepreneuriat local.

Remerciements

  • Le Lions club de Monaco, Eric Musumeci, à l’initiative de ce projet et David Sirour le Président qui a mis beaucoup de son temps et son énergie au service de cette Remise de Prix
  • Nos sponsors : le CFM Indosuez, Monaco Sécurité, Continental Invest, et le Comité des droits des femmes pour leur soutien. Ainsi que notre homme du Comité, Jean-Claude Mourad.
  • L’équipe de l’Hermitage, pour leur patience, et leur collaboration. Alexandre Vitre et son équipe.
  • Mme Bubbio responsable de la commission d’insertion des jeunes,
  • Mr Bubbio directeur de l’IMSEE
  • Céline Cottalorda déléguée des droits des femmes de la Principauté de Monaco, Gouvernement Princier,
  • Et l’amitié transfrontalière de Mme Maty Diouf, Déléguée des droits des femmes de Nice.

 


[LIBAN] Troc

Entretien avec Hala Dahrouge, Fondatrice et Présidente de LibanTROC,

By Patricia Cressot.

Liban TROC est un système D créé en décembre 2019, par Hala Dahrouge, suivi par deux femmes. Leur intention commune est de mettre en place des solutions alors que le système libanais est au bord de la faillite et que la population libanaise de classe moyenne est face à de réelles difficultés. LIBAN TROC est en à peine un an, un réseau de 80 000 abonnés et une plate-forme humanitaire.

 Hala, pourrais-tu nous présenter les 3 fondatrices ?

Je suis fondatrice de l’idée principale et du groupe Facebook en 2019 et Présidente de l’association enregistrée en 2021. Je suis une mère libanaise de trois enfants.

J’ai passé plus de 20 ans dans le domaine de la communication, en tant que directrice de création dans une agence de publicité et rédactrice publicitaire.  J’ai été également professeur de communication à l’Université, j’ai écrit plusieurs articles dans différents médias libanais. Ma volonté a toujours été de trouver constamment des solutions. Cet état d’esprit qui m’a poussé en 2019 à créer, développer et diriger LibanTROC, une plate-forme innovante d’entraide sociale qui s’est développée en association à but non lucratif.

 J’ai rencontré les 2 autres co-fondatrices de l’association sur le groupe Facebook LibanTroc, durant les deux premières années de travail humanitaire spontané. On a validé le dicton « qui se ressemble s’assemble » naturellement ! 

Micheline El Kady, était professeur d’anglais et avait son propre institut de beauté. Elle l’a réaménagé en dépôt de donations pour faire les colis alimentaires et trier les habits… Stéphanie Mehanna, est aussi professeur d’Université, spécialisée en biologie, Post doctoral fellow at LAU. 

 Quelle était l’impulsion de LibanTROC ?

LibanTroc est née spontanément en décembre 2019 au début de la crise économique, dans un effort de trouver des solutions pour survivre ensemble et rester au Liban malgré tout. On ne pouvait plus retirer d’argent aux distributeurs, tout le système bancaire était bloqué. Les réseaux sociaux étant entre les mains de tous, et il valait mieux en profiter pour effectuer un vrai changement et éviter de se plaindre en partageant des idées stériles sur nos murs. 

Quelles sont vos actions ? comment gérez vous l’afflux de demandes ?

Nous sommes devenus le centre de réception de tous les cas du Liban, « the hub of all humanitarian requests ». Nous postons au cas par cas, en toute transparence, après vérification complète. Notre façon de collecter les dons est innovatrice et ne laisse aucune place à l’erreur ou à la corruption. 

Notre plate-forme est ouverte pour toutes les offres d’emploi pour essayer d’abord d’améliorer la qualité de vie de la plupart d’entre nous.  

En parallèle, nous aidons nos compatriotes sur tous les besoins : cartons alimentaires, produits d’hygiène, frais de logement et de scolarité, loyers de maisons, couches et lait infantile, couches pour adultes, médicaments, factures d’hôpital… etc. 

 Comment voyez-vous la situation au Liban ?

Écœurante, injuste, inacceptable. Nous sommes victimes et nous essayons de survivre. Mais grâce à notre solidarité, nous avons pu résister jusqu’à présent malgré tout… Je me dis toujours que si cette même situation avait eu lieu dans tout autre pays, ce serait une catastrophe encore plus énorme… 

Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous ?

Je transformerai le Liban en la Suisse du Moyen-Orient à nouveau… Prospérité et beauté… Où plus personne n’aura plus besoin de rien, où on vivra tous en paix, unis pour le meilleur. 

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Mes enfants sont ma principale source d’inspiration, car je fais tout pour essayer de leur offrir un environnement et un pays meilleur, pour qu’ils puissent y vivre et y rester.

Mon autre inspiration au quotidien, ce sont les réactions des personnes que l’on aide, et qui nous donnent la chair de poule avec leurs messages de remerciements et de gratitude. Ils nous poussent à continuer bien que le chemin devienne de plus en plus difficile.

Ils ont la volonté d’offrir à leur tour, parfois, « to pay it forward »… 

Chaque jour, nous vivons une expérience humaine touchante qui nous redonne la force pour continuer malgré le burnout ! 


[Art] Citoyen

[Art] Citoyen

Entretien avec Inès Baccouche, la fondatrice d’ArtforNess.

By Pascale Caron

Après un diplôme d’ingénieur à Grenoble INPG, elle a travaillé successivement chez ST Microelectronics, Infineo et Intel Labs. En 2017, Inès se lance dans un Master 2 de Skema, d’études entrepreneuriales. Elle crée ArtForNess, une galerie d’art en ligne pour ainsi faire le pont entre les deux rives de la Méditerranée. Son objectif principal est la promotion et la mise en valeur d’illustrateurs, de dessinateurs de bandes dessinées et designers d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Qu’est-ce qui t’a amenée à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

Quand j’étais petite, je voulais être astrophysicienne : la magie de l’infiniment grand me fascinait, mais j’ai dû me confronter à la dure réalité du marché. Sur les conseils de ma mère, je me suis engagée dans une école de microélectronique. Après les classes prépatoires en Tunisie j’ai intégré l’INPG en France. L’étude de l’infiniment petit, des atomes et des électrons était tout aussi captivante. Pour pousser plus loin, j’ai également fait un master en nanotechnologies. Mon métier me plaisait, mais j’avais le syndrome de l’élève modèle : j’étais à la recherche d’une reconnaissance dans mon domaine et je pensais que mes qualités dans le travail suffiraient. Un de mes collègues m’a dit un jour « il faut que tu ries plus aux blagues du boss », des blagues misogynes et sexistes, non merci. Tout cela m’étouffait : je m’impliquais beaucoup, je sacrifiais ma famille, mais pourquoi ? J’étais à la recherche de sens, je n’apportais rien au monde, juste de nouvelles puces pour pouvoir facturer les téléphones plus chers. Mon fils cadet avait 2 ans et à l’époque présentait un retard de langage. Un matin, mon boss me fait venir et me « passe un savon » pour l’exemple alors que je n’avais rien fait. Dans la journée, la maitresse me convoque concernant mon fils cadet et ses problèmes scolaires.

S’en est trop, je décide de changer de métier. C’est difficile de prendre une telle décision, car tu laisses derrière toi une certaine aisance financière : mais je ne regrette rien, même si je dois l’admettre, c’était très dur la 1re année.

Comme je suis une bonne élève, je m’enrôle dans une formation d’entrepreneuriat à Skema et en parallèle je passe mon certificat de chef de projet PMI (Project Management Institute).

 

D’où t’est venue l’idée d’ArtforNess ?

 Je suis restée une enfant et j’ai un imaginaire très fort, je lis beaucoup de « fantasy ». Au départ, je voulais créer une maison d’édition autour des livres illustrés que j’affectionne tant, mais la complexité du métier m’a obligé à pivoter. Le monde des BD Comics est un art sous-estimé, mais c’est vraiment un art à part entière. Les gens sont prêts à mettre un argent fou pour acheter un croquis signé. J’ai commencé par des dessins et ensuite des artistes dans la peinture et le collage m’ont contactée.

En tant que personne j’aime l’art, et je n’ai pas pour autant fait des études pour cela. Pour moi, l’art véhiculait une image élitiste, inaccessible, chère. J’ai voulu casser ces codes, en montrant la richesse artistique et culturelle du Moyen-Orient. Je présente des artistes émergents à des prix abordables.

Quand j’ai démarré en septembre 2019, j’ai pu participer à 2 événements, mais la crise est passée par là. J’ai dû rebondir et me lancer dans une campagne Ulule de financement participatif. Le B2C n’est pas évident, le nerf de la guerre est la visibilité et cela coute très cher. Cette campagne de crowdfunding m’a beaucoup appris sur le planning, le storytelling, et m’a apporté un petit souffle financier.

Je n’oublie pas pour autant mon premier métier : marier l’ingénierie à l’art me tient à cœur. J’utilise mon esprit d’analyse et des outils inconnus du monde de l’art, c’est ma force. Il m’arrive encore d’avoir le syndrome de l’imposteur, mais ce qui me confirme dans ma certitude c’est la confiance que les autres ont en moi : les artistes et mon mentor qui est au Canada. Le doute est présent, mais je l’ai enfermé dans un placard à double tour !

Je me forme constamment, c’est mon côté ingénieur. SEO, réseaux sociaux, je suis à l’affut des formations en ligne. J’ai pu participer à un programme d’« Artist curation » organisé par le « Goethe’s institute », avec plusieurs pays du monde. Cette formation m’a permis de mettre le doigt dans l’engrenage de l’art classique.

As-tu été accompagnée pour la création ?

 J’ai démarré avec Initiative Terre d’Azur et je suis coachée depuis par les Premières Sud, elles me soutiennent beaucoup. Je suis passée aussi par Orange Femmes entrepreneures et bouge ta boite. Les premières m’ont permis de me rassurer. Je réfléchis beaucoup avant de m’engager et je ne me décide que quand j’ai tout analysé. Grâce à leur soutien, je prends de plus en plus confiance en moi et je me sens plus dans l’action.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je vais faire dans le classique : avec ses contradictions, ses forces et ses faiblesses, ma mère. Elle a sacrifié sa carrière pour nous élever, mais quand nous sommes partis, elle s’est lancée dans la vente à distance. Elle est rapidement devenue directrice commerciale pour la Tunisie. J’aime sa force de caractère, elle m’impressionne.

 Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’en choisirai 2, que je lis à mes enfants, sur les femmes artistes et scientifiques, écrits par Rachel Ignotofsky : je pense à « Women in art – 50 fearless creatives who inspired the world ». Je conseillerai aussi « Women in science – 50 Fearless Pioneers who Changed the World ».

 Aurais-tu une devise ou un mantra ?

J’en ai plusieurs : « you can fail but fail fast », « Keep it simple » et « better done than perfect » !


[Liban] soufflée

Beyrouth, 4 avril 2020, 18h10

Le souffle. Qu’est ce qu’un souffle ? Un râle, une inspiration, un effluve, une émanation. Le souffle, la vie, l’air qui s’échappe, le souffle du vent.On souffle des bougies, on expire, on fait vibrer, vaciller.Le souffle.

Le souffle a tout fait exploser, le port, les vitres, les voitures, les immeubles, la vie mouvementée des beyrouthins, les miettes de dignité . 

Espoir.امل

Elle estassise,nimbée de son peignoirde satin crème, elle prenait un café blanc,khôl noir sur ses paupières diaphanes.

Et le souffle. نفس

Elle a les cheveux tirés enchignoncomme une danseuse de ballet russe, un rouge àlèvres clair sur ses lèvresourléeset le souffle.Elle le connait, ce souffle, il ne cesse de la surprendre depuis des décennies et de défigurer son paysage.

Elle se tient droite, le port de tête digne, les murs, les lampes dorées, les meubles anciens, les tapis persans,dévastés.Combien,encore, de déflagrations dans son ventre,avant de courber l’échine ?

Assez !خلاس

Elle tientsur ses genouxunlivre ouvert,quelques feuilles détachées gisent au sol, jaunies comme les cèdres malades, sous ses pieds nus manucurés, le carrelage en céramique froid, brûlant. Seuls les mots des poètes nourrissent encore son âme, ceux des politiciens ont déjà trop meurtries les chairs.

Rage !الغظب

Une statuette d’angetrônesur un guéridon, survivante du désordre, à quelques pas des décombres, tête baissée. Peut-être lui lit-ildes psaumes,cet envoyé de pierre,peut-être lui soufflet-ilces mots :« L’Eternel brise les cèdres du Liban ».Souffrances, ruines, larmescumulées au travers des siècles sur cette terre d’Orient.

Révolte !.تمرد

Elle ne se retourne pas sur la vieille horloge auxchiffres romains,dont les aiguilles se sont tues, marquant ainsi la dislocationdu temps : dix huit heure dix.

Nouvelle aube.فجر

Elle ne lève pas non plus ses yeux noisettes au ciel : qu’y a t-il au dessus des têtes si ce n’est Dieuet les martyrs? Elle ne regarde pas les beaux lustres à terre derrière elle, ni ne cherche son reflet dans des bouts de miroirs explosés : elle ne voit pas à quel point elle est belle dans les reflets ambrés de la destruction.

www.lilujune.wordpress.com


[Lettre] à sa fille

Dear Daughter,

I am writing this the day before you are due to be born, during one of the worst pandemics in human history.

I hope that by the time you are old enough to read this, coronavirus and the trouble it caused in the year of 2020 will be a distant memory. But I also thought you might like to know what it was like for your mama, being pregnant with you during this strange time.

This letter will be given to you when you are grown up, so you will understand my state of mind while I was carrying you, and the difficult situations I overcame, with ease or not.

We first found out about you when the world was still mostly normal, in January 2020. It was one of the happiest days of my life, to learn that you were on your way and that your big brother Claude would be getting a sibling.

At the time I had just started a job in sales at an import-export company. I might as well tell you that I was never planning to stay there all my life, import-exporting not being my field, but finding work was quite difficult economically speaking at that time already.

By March 2020 we had started to hear a lot about this mysterious illness caused by a new coronavirus, and we had started worrying about it in the UAE too.

The media was full of news of this deadly virus spreading across the world at lightning speed, and pregnant women were classed as vulnerable – no one was sure what would happen if an expectant woman were to fall sick.

I couldn’t risk catching it, so I decided to keep us both safe by confining myself, and I asked my company for permission to work from home, which I was granted.

The months that followed were very difficult at all levels. Here is a glimpse of what my life was like…

Job losses are not good for anyone’s state of mind and, although your daddy was still able to support us and took great care of us and kept us safe, I still suffered from a lot of anxiety. I had big doubts about my life, wondering, “What am I going to do? How am I going to find work again?”

I tried my best to stay healthy, doing yoga every morning and meditation at least three times a week, but I had to stop the exercises all of a sudden because I blocked my back. It was so painful that I couldn’t walk for some time.

The anxiety got so bad at some points that I had paranoid moments where I saw my life fly in front of me, and I argued with my mother – your grandmother – because she couldn’t take the health risk of flying to the UAE to be here for your birth.

But it wasn’t all bad. In many ways our confinement has changed my world view for the better.

I was aware that all my doubts about my life and job could only lead to negativity, and I knew I could not continue on that road, so I had the idea of working on a personal project that has gradually been taking shape, with the help of your father, who has been behind me all the way.

Towards the end of March the UAE locked down almost completely, bringing all kinds of social interactions between families and friends to a total standstill.

But, although we were physically apart and not able to travel due to the virus, I found that the digital world opened up instead. Using video chats and email I ended up getting very close to my girlfriends in France, and I got close to my girlfriends in Abu Dhabi too.

I even got closer to some of my family members. I focused on meditation every day. In many ways, I found myself.

It was a difficult time for everyone, but I was there for many of my friends when they needed me, while many of them were there for me too. My aunt, who is based in the UAE, became my mentor, giving me advice on some important topics.

I became wiser, I think.

I paid attention to what I eat, keeping it healthy for both of us.

I also used this time off from work to focus on your brother, and I taught him to feed himself like a big boy, how to scrub himself in the shower and brush his own teeth. We had so much fun. I even bought him a rabbit to keep him company during the lockdown, and I taught him the names of all the farm animals in French. I played with him and gave him a lot of time, love, laughter and joy.

I learnt how to cook new dishes, and took good care of my family as well as myself, while your daddy took great care of all of us in return.

I gave all the love I could to the people around me.

I have always wanted two children, to be close to each other, which is what I wish for you and your brother.

During this difficult time I have realized that family is everything,

As I wait eagerly for you to be born, I’m now working on my own project in parallel, with plans to run my own business.

I have learnt so much and I hope that you will be proud of me one day.

The most important thing I want you to know is that I love you. You are loved. Your brother and you will always be loved.

Mummy.

Muriel Al Kache Cressot is a French expat living in Abu Dhabi with her husband and little boy. She is due to have a Caesarean section on 14 September 2020.


[Impact] Jordanie

SOCIAL IMPACT

C’est une belle histoire de générosité qui a pris graine auprès de deux femmes en Jordanie Agnès Aistleitner et Raneem Meqbel.

En 2016, la crise des réfugiés commence et la cofondatrice Agnès ne reste pas passive, loin de là, et souhaite contribuer à l’amélioration de la situation des réfugiés syriens et des femmes jordaniennes dans la région du nord de la Jordanie et crée TEENAH.

 

C’est un modèle basé sur l’impact

Le projet prend forme et en 2017, Teenah a constitué une équipe très motivée et créative de 15 réfugiées syriennes et femmes jordaniennes dont la situation de vie s’est remarquablement améliorée grâce à un modèle d’entreprise durable.

Inspirantes, elles sont convaincues que leur modèle d’entreprise peut contribuer à résoudre les problèmes les plus urgents au monde.

Leur objectif est d’offrir de réelles opportunités aux femmes et à leurs familles, tout en renforçant les capacités de production dans les zones rurales de Jordanie et en offrant des emplois durables parallèlement à une formation appropriée.

 

Du soutien collaboratif

S’en suivront de grands supporters qui ont joué un rôle crucial dans la croissance de Teenah.org.

L’UNICEF en Jordanie, a fourni des ressources économiques pour la création de plus d’emplois et l’amélioration de leur capacité de production.

Shamal Start, un incubateur de start-up jordanien, a offert à Teenah ses installations à des fins d’exploitation, ainsi que le monitorat.

 

Environnement, éthique et durable

Elles ne pouvaient pas avoir un impact positif si toute la chaîne n’était pas contrôlée. Le choix des produits de qualité, des fournisseurs respectueux de l’environnement. Tout cela, dans le but de réduire l’empreinte carbone et l’impact environnemental de nos activités de fabrication, de respect de normes éthique.

 

Des thèmes solidaires

Du sac « sending you a hug », « I survived quarantine » au sac solidaires incluant des produits de premières nécessite « d’hygiène  » pour les femmes libanaises touchées par l’explosion, ou au sacs personnalisables pour les entreprises, le site est une jolie vitrine de la créativité de ces femmes et de cette initiative.

site internet: https://teenah.org/


[photographe] Liban

Entretien avec Emilie Madi,

au cœur du Liban

Août 2020

Madi, vous êtes photographe d’origine libanaise, vivant à Montréal… quel a été le déclic de revenir au Liban ?

Je venais souvent au Liban mais cette-fois ci je suis arrivée début Octobre pour mon exposition de photo et la révolution a commencé, et depuis!

 

Par rapport aux pays que vous avez parcourus, qu’est-ce qui vous frappe le plus au Liban ? 

Comme d’autres, on a quitté le Liban quand j’avais 10 ans et vécu dans différents pays avant d’atterrir à Montréal pour plusieurs années. Mes parents allaient souvent au Liban et à chaque fois de plus en plus longtemps. Je venais de temps en temps, passé l’été, Noël, etc. Je me posais souvent la question si un jour je m’installerai au Liban.

Arrivée en Octobre pour mon expo, la situation a fait que je ne suis toujours pas partie. Mon vernissage était le 21 octobre et la révolution s’est déclenchée le 17 et sans hésitation, j’ai ressenti la nécessité de prendre ma caméra, documenter les événements et les partager avec le monde.

Cette fois ci c’était différent, j’ai senti qu’on était tous unis, les jeunes, les vieux, toutes les religions, on était tous unis sous un même chapeau, le libanais! J’ai senti que je devais être là, vivre et partager ça, et que je voulais faire partie de ce mouvement/changement.

De tous les pays, il y a toujours une attirance envers le Liban, où que l’on soit, on est affecté par ce qu’il se passe et on se sent impliqué, on ne le quitte jamais en fait. Il y a une histoire, une énergie, et une résilience qu’on ne trouve pas ailleurs, et même après tout ce qu’on a vécu, on vit pleinement et on a la joie de vivre.

Quel message voulez vous faire passer au monde ?

Le Liban et son peuple est l’un des plus résilient que je connaisse et je ne dis pas ça parce que je suis libanaise. Après toutes les guerres et les occupations que le Liban a vécu, il trouve toujours la force de se redresser, de se reconstruire, et d’être un pays que le monde veut visiter et adore.

Comment aider la reconstruction du Liban quel est le plus urgent ?

Pour reconstruire le Liban, l’important est qu’on s’unisse, chacun avec ses forces et ses connaissances, pour petit à petit remettre de l’ordre et un sens de normalité. Il y a plusieurs aspects qui sont aussi important l’un de l’autre dont trouver des logements pour ceux qui n’en ont plus, nourrir le peuple qui ont été touché par la bombe et de plus avec la crise n’avait plus les moyens, et surtout nettoyer et reconstruire l’héritage du Liban.

Voyez vous la Femme libanaise plus forte qu’avant ? Quel message voulez vous faire passer aux femmes ? Voyez vous un changement de mentalité depuis la révolution ?

La femme a toujours été forte et impliquée dans la lutte du peuple. Pendant cette révolution, c’est l’union de toutes ces femmes vers un même but qui a amplifié leur voix. Le message que je voudrais leur passer et de ne pas perdre espoir et de garder leur feu animé.

Le changement politique est indispensable, mais le Pays est basé sur le Confessionalisme et une Grande corruption.

Quel message voulez vous faire passer à la classe politique ? Et à la très grande diaspora libanaise ? Et quelle est la Priorité?

J’ai été témoin et j’ai fait des reportages de plusieurs évènements, quelques-uns magnifique et d’autres atroces. Je préfère ne pas me lancer dans des débats politiques mais j’espère qu’on trouvera une solution pour le Liban sans la corruption habituelle, une où la qualité de vie est plus importante que le besoin de chacun et sans l’avidité des membres du gouvernement existant. J’espère que le peuple n’acceptera plus de vivre comme on a vécu ces dernières 30 années et que le mouvement ne perdra pas de momentum.

Vous avez sorti un livre rassemblant les photos de la révolution en décembre dernier pouvez-vous nous en dire plus ?

Je voulais créer un ouvrage pour commémorer les 55 premiers jours de cette magnifique Révolution, différente de toutes les autres, avec tout le monde uni sous un même drapeau. Un livre que tout le monde pourrait garder chez eux en souvenir de ceux qu’ils ont vécu. Il y avait une énergie à nul autre pareil et pour le symboliser, le livre est réparti en plusieurs thèmes associés à des émotions différentes (la fureur, la femme, l’espoir, la voix, le soulèvement pacifique) .

“Ce livre est une célébration de la flamme qui brûle en chacun de vous et refuse de s’éteindre »

Le photographe nous met le doigt sur ce que nous ne voyons pas ou ne voulons pas voir, vous êtes en tant que photographe, indispensable à la pleine conscience collective,  Comment pouvons-nous  vous soutenir ?

le mieux est de continuer à partager l’info, les images et les vidéos, pour que le monde soit au courant de ce qu’il se passe et que plus rien ne passe inaperçu.

Dernière question…quel est votre cliché favoris du « libanais »?

Qu’on mange tout le temps et que du taouk et du hummus…..

Instagram emiliemadiphotographer


[cri] de douleur

#prayforbeyrouth 🖤

Deux explosions en plein Beyrouth faisant plus de 100 morts, des milliers de blessés, plus de 300 000 sans domiciles (*selon la Croix rouge libanaise) , 3 milliards de dollars de dommages selon le Gouverneur.

Le Liban vit déjà un désastre économique, sociale et politique. L’inflation a grimpé de 85%, la Livre libanaise a perdu plus de 80% au marché noir, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est quasiment 1 sur 2…,les frontières sont en émois, les politiques tardent à s’accorder sur les mesures à prendre pour sauver le pays, 17ème réunion pour négocier un prêt au FMI (*source le Monde) .

Et rajoutons socialement les plus d’un million de réfugiés syriens qui survivent dans des conditions misérables.

La survie de la population libanaise passe aussi à travers le soutien de la communauté internationale et de la société civile.

Un bel exemple est Maya Chams Ibrahimchach qui a créé une ONG libanaise Beit el baraka qui vient en aide à plus de 52000 familles à travers un supermarché gratuit, un terrain agricole pour ces familles, le règlement de milliers de factures électricité et eau, etc.

*Maya est aussi une ambassadrice de Sowl Initiative, Sowl Moyen Orient.

Telle une plaie qui ne cicatrise jamais, ce qui arrive perpétuellement au Liban est une douleur, un cri , un appel au secours.

La résilience libanaise est ancrée dans les gènes. Tel un roseau, le Liban courbe mais ne se rompt pas.

#solidarité #Liban

DONS en page principale


[chant] d'espoir

Chant d’espoir

Creuser ! Creuser !
Combien de fossés encore à creuser ?
Karachi ! Karachi !
Pourquoi tuer tes enfants ?
Bêcher ! Bêcher !
Pour enrayer la colère !
Semer, semer !
Les grains de  lumière contre l’obscurantisme.
Arroser ! Arroser !
Pour voir pousser l’espoir et la mémoire.
Une  graine pour chaque vie enlevée !
Un arbre pour chaque militante assassinée ! Pour quel honneur bafoué ?
Sabeen Mahmuud*, Quandeel Balosh!*
Poussez ! Poussez !
Pour rejoindre la lumière.
Karachi deviendras-tu une forêt ?
Combien d’arbres encore à planter, combien de jardins à orner ?
Pour que cesse, enfin, que cesse à jamais  la violence des armes ?
Pour que l’on respire enfin et pour toujours  l’odeur des fleurs, du printemps et de la liberté !

*Sabeen Mahmud

20 juin 1975-24 avril 2015

Sabeen Mahmud est une militante pakistanaise luttant contre l’injustice et la discrimination. Elle est assassinée à Karachi, par deux hommes  cagoulés à un feu rouge,  peu après avoir organisé un événement dans son café « The second floor » contre les violences au Baloutchistan, violences attribuées   à l’armée pakistanaise et leur milices locales. The second floor était un espace d’écoute et de dialogues pour faire naître des changements dans la société Pakistanaise.

 

*Qandil Balosh

1er mars 1990-15 juillet 2016

Qandil Balosh était une activiste, mannequin, actrice, très célèbre sur les réseaux sociaux au Pakistan. Elle parlait régulièrement de sa vie au quotidien et de sujets controversés comme la place de la femme dans la société pakistanaise et du regard porté sur leurs corps. Elle a été assassinée par son frère qui a reconnu l’avoir étranglé pour avoir sali l’honneur de la famille. Au Pakistan les crimes d’honneur sont encore courants.

 

Linda Hassan Ftouni vit à Dakar depuis son enfance. Elle partage son temps entre  sa profession-passion  d’ostéopathe et ses 3 enfants.Son approche énergétique de l’ostéopathie et de la vie, la pousse, depuis quelques années, à voler quelques heures pour son autre passion qu’est l’écriture.


[Human] révolution

Une Rose pour un soldat
Une contestation devenue une révolution bienveillante

Ecrit par SOWL INITIATIVE

Depuis le 17 octobre, la population s’est unie d’une seule et même voix, toute communauté religieuse confondue et les femmes rayonnent.

Le mouvement a démarré très rapidement suite à l’annonce d’une taxe sur les réseaux type Whatsapp, messagerie gratuite utilisée par presque tous les Libanais. La contestation de quelques milliers de personnes s’est étendue à plusieurs millions de libanais et ne fait que s’amplifier de Beyrouth et du nord au sud Liban, par des manifestations, des sittings, des chaines humaines, des concerts à ciel ouvert (Tripoli), du yoga en pleines rues!  Les établissements publiques libanais sont fermés , toute la population est rassemblée pour faire changer les choses « TOUS » (les politiques tous dehors), exhortent-ils malgré des démissions de poids (démission de Saad Hariri).

La population se révolte contre sa situation économique, un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté, les mesures du gouvernement ne sont pas adaptées, une dette qui s’alourdie et représente 86 milliards de dettes publiques, les affaires de corruption éclatent au grand jour.

Le rôle des femmes? Elles sont bel et bien là! De la création spontanée d’une chaîne humaine pour éviter les débordements entre protestataires et militaires, se positionner comme leader, s’exprimer sur le ras le bol de la population sur télévision et réseaux, tel que Maya Ibrahimchah* (crédit photo Ammar Abd Rabbo), à la puissance de leurs émotions immortalisées par Patrick Baz, reporter AFP,

ou….apporter Une Rose aux soldats en message de PAIX

le message est clair, non?

 

*Maya Ibrahimchach est à l’origine de l’association Beit El Baraka pour offrir aux plus démunis le minimum des biens et soins de premières nécessités,  aidant 328 familles depuis la création en novembre 2018. Des actions phares, créant le premier supermarché gratuit, grâce à 2500 donateurs, de créer un environnement de vie décent par des travaux dans les appartements devenus insalubres. Les soutenir sur Insta @beitelbaraka, email: info@beitelbaraka.org; site http://www.beitelbaraka.org