[Productivité] Sales

Interview de Lara Khanafer, CEO et co-fondatrice de Kara.ai.

By Pascale Caron

Lara a fondé , une startup qui fait partie du « Station F’s Future 40 ». Kara est un outil innovant de productivité basé sur l’IA à destination des Sales et de leurs managers.

 

Comment t’es-tu lancée dans l’entrepreneuriat ?

Je ne viens pas d’un milieu ou d’une famille d’entrepreneurs. Rien ne me prédestinait à monter une startup dans la tech. Je suis diplômée d’une école de commerce et je n’ai pas de formation d’ingénieur. J’ai commencé ma carrière comme commerciale en Espagne, je m’y suis plu et j’ai très vite grimpé les échelons et managé ma propre équipe. J’ai rejoint par la suite deux startups qui ont connu une très forte croissance. L’une d’elles est même devenue une licorne.

Toutes ces expériences cumulées m’ont fait rencontrer des entrepreneurs charismatiques qui m’ont fascinée. C’est à leur contact que j’ai pu apprendre le métier de chef d’entreprise : je me suis toujours arrangée au bout d’un certain temps pour leur reporter directement. J’ai eu beaucoup de chance, j’en suis consciente, car ils ont non seulement compris ma démarche, mais ils m’ont encouragée et m’ont donné les moyens d’évoluer rapidement dans leurs sociétés. Mon approche intrapreneuriale les a souvent séduits. Très douée dans mon domaine, j’ai su me démarquer en signant de gros contrats et me rendre visible auprès de chacun d’entre eux.

J’ai débuté mon apprentissage au contact du patron de PC-Online, il avait créé une success-story en ne partant de rien. J’ai rejoint ensuite le groupe Aston Carter de chasseurs de tête crée par un personnage qui à l’origine avait choisi cette voie pour s’acheter un jour une Aston Martin ! J’ai pu côtoyer par la suite des ingénieurs que ce soit chez Dataiku ou Toucan Toco. Chacun d’entre eux m’a fait confiance, car ils ont sûrement vu en moi une partie d’eux même.

Une autre source d’inspiration pour moi a été lorsque mon frère et l’un de ses amis, qui sont maintenant mes associés, ont monté leur première société. À peine sortis d’école d’ingénieur ils ont rencontré un grand succès. Je me suis rendu compte qu’il y avait quelque chose à faire et que ce serait possible.

 

Comment as-tu eu l’idée de Kara ?

J’ai commencé à travailler en tant que commerciale : j’ai moi-même été managée avant de devoir encadrer des collaborateurs. J’ai pu constater un certain nombre de problèmes. Les dirigeants dans ce domaine sont le plus souvent d’anciens excellents sales qui se retrouvent à devoir gérer une organisation du jour au lendemain, sans être formés ou accompagnés. Le seul logiciel à leur disposition est généralement le CRM (Customer Relationship Management), qui ne permet pas d’avoir un rapport personnel avec les membres de l’équipe et de comprendre quels sont les atouts de chacun. Si un CRM est indispensable, il n’apporte pas la solution à ce problème, car n’est pas un outil de management.

On peut vite avoir des chefs d’équipe dépassés et des commerciaux mal encadrés. On peut arriver au paradoxe où les bons vendeurs décident de quitter la société, car ils croulent sous les lourdeurs administratives, et il ne reste plus que les « médiocres », qui remplissent correctement leur CRM pour ne pas faire de vagues. C’est ce que j’ai pu constater de l’intérieur. Les sales n’ont pas d’outil de management et ce problème c’est exacerbé avec la crise du Covid.

C’est comme cela que l’idée de Kara est née pour permettre aux entreprises d’harmoniser les relations entre les chefs d’équipe et ceux qui sont sur le terrain. Le but est d’évaluer le potentiel et le fonctionnement de chacun, afin de développer une meilleure cohésion de groupe. L’outil est sorti en aout 2021 en Beta test pendant 6 mois. Il est maintenant en production.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Tout d’abord ma famille, mon père et ma tante m’ont permis de me projeter dans le métier de commerciale et ma mère qui s’est installée en libérale.

Bien sûr, tous les entrepreneurs que j’ai croisés, comme Florian Douetteau le CEO de Dataiku, qui m’ont permis de croire en mon aventure entrepreneuriale.

J’ai la chance d’avoir à Station F, des entrepreneuses extraordinaires avec qui échanger au quotidien, partageant mes doutes au jour le jour sans langue de bois.

Dans un tout autre registre je citerai la productrice, animatrice et femme d’affaires Oprah Winfrey, ainsi que Arianna Huffington, cofondatrice du Huffington post. J’ai tout lu de leurs vies, elles sont une grande source d’inspiration pour moi.

Enfin, les membres de notre équipe, qui sont, individuellement et collectivement, d’une richesse rare. Je suis une privilégiée.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je recommanderais « Lean in » de Sheryl Sandberg, « En avant toutes » en Français. Sheryl Sandberg (directrice des opérations de Facebook) a relancé dans le monde entier le débat sur l’égalité homme-femme. Dans son ouvrage, elle propose des conseils pratiques visant à aider les femmes à atteindre leurs ambitions. Elle nous pousse aussi à faire évoluer la discussion : et si nous parlions de ce qu’elles peuvent faire, plutôt que de ce qu’elles ne peuvent pas faire ? Elle a également fondé Leanin.org, une organisation à but non lucratif qui met en place des programmes dont l’objectif est de lutter contre les stéréotypes liés au genre.

Dans un tout autre registre, j’admire énormément l’auteure Maya Angelou : une femme afro-américaine née pendant la ségrégation, mère célibataire qui a eu un fils à 17 ans. Grâce à la littérature, elle a été la première étudiante noire d’une école privée. Elle a commencé à écrire après la mort de Martin Luther King. Quand j’ai lu « Lettre à ma fille », j’ai véritablement cru qu’elle s’adressait directement à moi.

 

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions », une phrase qui s’est souvent révélée véridique et « tout ce que l’on croit devient vrai ».


[Femtech] Startup

Interview de Marine Wetzel co-fondatrice de Imana.care.

Marine a fait partie de l’équipe qui a lancé Station F. Elle a ensuite créé le programme d’incubation où elle a accompagné plus de 800 entrepreneurs tech dans tous types d’industries. Elle a été également à l’initiative de la FemTech au sein de Station F, dédié aux startups dans la santé de la femme, et conçu l’initiative FemTech pour le collectif Sista.

Avec Shiraz Mahfoudhi, elle a fondé Imana care, qui offre une solution digitale destinée à aider les femmes souffrant de déséquilibres hormonaux à réduire leurs symptômes de manière holistique.

Elles proposent des programmes personnalisés pour adapter son mode de vie, en fonction de sa pathologie, pour diminuer ses symptômes hormonaux. Ces programmes sont basés sur des études cliniques et conçus avec des médecins et praticiens de santé spécialisés. Ils reposent sur 3 piliers principaux : nutrition, exercice physique et santé mentale. Imana care permet parallèlement aux femmes d’accéder à une communauté de confiance pour qu’elles puissent échanger entre elles, et questionner directement des experts médicaux. Imana care est listée dans les 20 startups prometteuses de 2022 d’Eldorado.co.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Je savais au fond de moi que je monterais mon propre business un jour. En dernière année d’étude, j’ai tout d’abord rencontré 3 associés avec qui nous avons fondé une première startup. J’ai dû renoncer au projet au bout de 8 mois. Si sur le papier nous étions complémentaires, j’ai appris que l’association peut être délicate. Au même moment Station F se lançait, ce qui coïncidait avec la fin de mon master Entrepreneur. À l’époque j’avais pour projet de partir en voyage « backpack » avec ma sœur, mais cette opportunité était trop attrayante. Mes années chez Station F ont été une expérience incroyable. Nous avions pour mission de faire rayonner la France en tant que leader de l’innovation et de la Tech dans le monde ! Cette dimension internationale me grisait. C’était une aventure intrapreneuriale, surtout la 1re année, car tout était à construire. J’ai par la suite piloté les programmes d’accompagnement des entrepreneurs que l’on gérait en direct. Au bout de 3 ans, je commençais à avoir des fourmis dans les jambes. Je me passionnais déjà pour les sujets Femtech : un marché qui est estimé à près de 1000 milliards de dollars d’ici 2027 ! J’ai profité de l’écosystème incroyable de station F afin d’interviewer une multitude d’acteurs, et de comprendre comment faire la différence dans cette industrie. J’ai analysé les problématiques, et proposé un programme d’accompagnement pour les Femtechs à Roxanne la directrice. Le concept a séduit et nous avons entamé un premier pilote début 2021. Devant le succès rencontré, le programme a été relancé en septembre dernier et nous faisons maintenant partie des incubées avec Imana care.

 Où en êtes-vous dans le développement de votre activité ?

Nous avons démarré en mai 2021 avec une première pathologie : le Syndrome des Ovaires polykystiques (SOPK). Notre ambition est de devenir le compagnon quotidien des femmes afin de les accompagner dans leurs déséquilibres hormonaux. Que ce soit le SOPK, qui touche 10 % des femmes en âge de procréer, ou encore l’endométriose, le syndrome prémenstruel ou la ménopause, il y a beaucoup à faire. On considère donc que toutes les femmes souffrent d’au moins d’une perturbation hormonale à un moment de leur vie. Quand on pense par exemple qu’elles passent en moyenne entre 30 et 40 % de leur existence ménopausée, c’est énorme !

Imana care se base sur des études cliniques ayant montré l’impact du mode de vie dans le cas de la pathologie SOPK. Notre application est conçue avec la collaboration de médecins et d’experts du domaine. Nous avons lancé notre premier produit en « No Code », créé notre premier programme avec un comité de praticiennes de santé, et 37 utilisatrices. Nous voulions prouver que la santé en B2C pouvait intéresser les femmes et mesurer l’efficacité du programme en temps réel : l’essai est transformé. Avec ce premier programme, notre but est de mettre en pratique les résultats de ces études et sortir ces femmes de leur isolement en échangeant sur la plateforme.

Quels sont tes prochains challenges ?

Nos étapes à venir sont d’incorporer un CTO dans l’équipe d’associés, de structurer le board médical constitué pour du long terme et de passer à l’échelle ce que nous avons développé.

Notre vision à terme est de devenir une plateforme de santé référente pour les femmes proposant une approche complète, holistique et communautaire.

 Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

La première qui me vient à l’esprit c’est Sheryl Sandberg pour le côté pro, mais aussi perso. C’est une femme d’affaires et une militante féministe américaine incroyable qui a su pousser les portes fermées. Elle est l’actuelle directrice des opérations (COO) de Facebook.

Quand j’étais encore étudiante, j’ai pu assister à une intervention de Ludovic Huraux, le CEO et fondateur de Shapr et également le co-fondateur d’Attractive World. Son discours très inspirant avait résonné en moi, j’avais l’impression de me voir. Il expliquait comment il avait lancé sa 1re boite. À l’époque il avait 1000 idées dont il parlait à ses amis sans passer le pas de l’entrepreneuriat. Je me suis retrouvée dans son parcours. C’est peut-être grâce à son intervention que je me suis lancée même si j’en avais peur : en me disant que si ça ne marche pas j’aurais surtout beaucoup appris.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Dans le sujet des Femtechs, je recommande « Femmes invisibles » ; tout au long de cette enquête, Caroline Criado Perez montre que les femmes sont tout simplement absentes de la majorité des études statistiques, au détriment de leur santé et de leur sécurité.

Sinon je pense à « Et soudain la liberté », un roman autobiographique d’Évelyne Pisier, une personnalité incroyable, dont le livre a été terminé par son éditrice suite à son décès. Cette histoire surprenante fait d’elle une réelle héroïne de roman d’aventure. On y croise des personnes aussi célèbres que Fidel Castro ou Bernard Kouchner, et bien d’autres !
En filigrane de ce récit mouvementé, qui débute dans les geôles indochinoises, et se poursuit en France, en Nouvelle-Calédonie, ou à Cuba, se dessine le parcours atypique d’une future militante féministe. C’est un livre que m’avait offert une amie et qui fait maintenant partie de ceux que je recommande le plus !

 En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Le but est dans le chemin ». Le plus important c’est de prendre du plaisir dans son quotidien, plus encore que la finalité ultime.

À méditer

 


[Joaillerie] d'exception

Interview de Sandra Hilger, fondatrice et directrice artistique de la marque « SH HILGER joaillerie ».

By Pascale Caron

Sandra Hilger est une professionnelle de la Joaillerie depuis une vingtaine d’années. Cette passionnée des beaux objets et des matières d’exception a évolué dans l’univers du négoce de pierres précieuses et des métaux précieux. En 2014 elle crée une marque de joaillerie inspirée, pensée et fabriquée en France.

J’ai rencontré Sandra lors de son vernissage dans la Galerie de Laurence Jenk à Monaco. Ses créations d’exception, ses dessins et photos se fondaient parfaitement dans cette magnifique galerie d’art. J’ai voulu en savoir plus sur cet univers et ce qui l’a incité à fonder sa propre marque. Voici une interview tout en sensibilité.

 

Peux-tu nous retracer ta carrière dans le monde de la Joaillerie et ce qui t’a poussé à fonder « SH HILGER joaillerie » ?

Très jeune, je possédais un sens artistique, le goût des beaux objets et des matières d’exception. J’ai intégré une école de bijoutier-joaillier et complété ma formation en gemmologie. J’ai poursuivi mon chemin dans des univers confidentiels : le négoce des pierres précieuses, la métallurgie des précieux. Mon parti pris sera le secteur du luxe. Ma passion première pour les gemmes m’a dirigée vers une société de négoce. Je rejoins par la suite un groupe international suisse, leader dans le domaine des métaux précieux.

Après vingt années d’expertise, j’ai voulu transposer mes connaissances pour m’offrir d’autres horizons, de pouvoir m’exprimer à travers mes réalisations. C’est un projet de vie, un véritable voyage créatif.

L’aventure commence au deuxième semestre 2014. Une marque c’est d’abord une identité visuelle. Je l’ébauche sur la base d’un souvenir d’enfance, un cadeau fait par mon aïeule, il y a plus de 30 ans. Je découvre un carton perdu au fond de la cave contenant quelques échantillons d’un papier à lettres avec mes initiales.

Mon processus créatif a alors débuté par l’écrit : j’ai commencé par poser des mots, des phrases, qui sont devenus par la suite mes 9 thèmes de collections.

Mes inspirations ont pris vie devant mes yeux, se transformant en dessins, en gouachés de Joaillerie qui sont des étapes indispensables pour façonner mes créations.

J’ai fondé ma société fin 2019, c’est une affaire familiale mes filles m’accompagnent dans cette aventure. Une date qui n’était pas vraiment propice vu la suite que l’on connait et l’arrêt de l’économie en 2020.

 

 

Quelles sont les valeurs de ta marque ?

Elles sont basées sur un savoir-faire de l’artisanat français, les compagnons du devoir, maîtres artisans et entreprises EPV (Labellisées au patrimoine vivant). Mes pièces sont élaborées au sein d’ateliers français par des artisans de renom. J’ai conscience que la région de Lyon où je réside regorge de compétences d’exception, je conçois avec leur collaboration.

Mes créations sont des bijoux haut de gamme, novateurs, affirmés, élégants et luxueux, complétés par une excellence de fabrication. L’ensemble des collections sont numérotées, certifiées en nombre limité. Quelle que soit la gamme, les réalisations n’excèdent pas 29 exemplaires. Les pièces de haute joaillerie sont façonnées au nombre de 1, 3 ou 5.

 

Peux-tu nous présenter quelques pièces iconiques ? J’ai eu la grande chance de les voir et j’ai été fascinée par la bague de phalange…

Ma première création a été ce pendentif que j’ai nommé « That’s not All » en or rose sablé & or gris palladié 18 Cts, diamants, et corne naturelle. C’est un bijou unisexe, porté peut-être un jour à Saint-Tropez ou Saint Barth par des femmes, des hommes qui s’offrent le choix de la différence, de vivre l’expérience de la découverte. Chacune de mes réalisations est pensée en visualisant qui les revêtira…

Chaque pièce demande des mois de recherche et développement comme la Bague de phalange articulée « Origine Divine », en or rose 18 Cts, diamant blanc & jaune, et nacre sculptée. Je l’imagine au doigt d’une beauté sublime, d’une Égérie aux origines éclectiques. J’ai mon idée, j’oserais un jour l’approcher…

À l’intérieur des bracelets « Entrée Privée », Or jaune 18 Cts diamants & saphir rainbow, se dissimulent de petits messages. On peut les deviner sur les côtés transparents du cylindre : une autre exploration technologique qui a pris plusieurs mois de conception.

Peux-tu nous parler de Lyon où tu as tes bureaux ?

Derrière les vitrines chics de la rue Édouard Herriot ou du 6e arrondissement se cache un savoir-faire unique, qui fait de Lyon, l’une des deux places fortes de la joaillerie française avec Paris.

Nos locaux sont conformes à mon image. J’ai choisi de travailler, à l’abri des regards dans un appartement de caractère en étage où je rencontre mes clients avec élégance et professionnalisme, en toute confidentialité.

 Quels sont tes prochains challenges ?

La deuxième étape est la commercialisation. Depuis 2020 j’ai eu plusieurs commandes de particuliers pour des bijoux sur mesure, essentiellement par le bouche-à-oreille. Le but est de développer mes créations et de les faire connaitre au plus grand nombre. C’est là que les choses se compliquent, car je n’aime pas me mettre en avant : je préfère que « ces extensions de moi-même » parlent d’elles même. Mais je dois quand même me faire violence, et franchir le seuil de mon bureau pour aller à la rencontre de mes futurs clients.

 Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Ma grand-mère Paule Hilger qui m’a tout appris, je la cite « pour arriver dans la vie, il faut de la volonté, la réflexion viendra après ». Romy Schneider et Grace Kelly ont été pour moi des femmes iconiques, singulières, fascinantes. J’alimente mon imaginaire de tout ce qui m’entoure, l’architecture, des cultures de l’Extrême-Orient à l’Inde ou l’Asie. Je suis curieuse de tout. Je passe tous les jours devant l’Hôtel Dieu de Lyon. C’est son dôme, comme celui du Taj Mahal qui est à l’origine de la bague « Origine Divine ». La nature également, « Audace végétale » vient d’un grillage au fond du jardin…

 Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Les livres de Boris Cyrulnik sur la résilience sont autant de réponses à mon hypersensibilité. Ce trait de caractère est ma force, car il me permet de créer, mais aussi ma faiblesse, car il est difficile à maîtriser… C’est surement pour cela que je commence par l’écriture, en mettant des mots sur mes maux. Tout est dit, ou plutôt suggéré. Difficile en effet de lever le voile…

 

 

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Il n’y a pas d’erreurs dans la vie, il n’y a que des leçons. Il n’existe pas d’expériences négatives, il n’y a que des occasions de mûrir, d’apprendre et d’avancer le long de la voie de la maîtrise de soi. » Robin S. Sharma.


[Nouvelles-Technologies] Conseil

Interview de Emilie Daversin, co-fondatrice de VO2 GROUP.

By Pascale Caron

Diplômée de l’ESSEC Business School, Emilie a co-fondé VO2 GROUP, une société de conseil en nouvelles technologies. C’est une entreprise de services du numérique (ESN) centrée sur l’expérience client. Ils accompagnent les grands comptes et les start-up innovantes de la stratégie à la mise en œuvre de leurs projets de transformation. Avec plus de 400 consultants, ils travaillent en synergie pour concevoir et implémenter des solutions orientées Tech, data, cloud et IA. VO2 Group a obtenu le prix Syntec/KPMG de la relation client 2021, Top 10 ESN « Champions de la Croissance » Les Échos 2022 (catégorie + 30 mois de CA) et Great Place To Work 2020.

 

 

Comment es-tu devenue entrepreneur ?

Après une école de commerce, j’ai entamé une carrière, dans le domaine de l’événementiel, en tant qu’artiste. Pendant plusieurs années, j’ai voyagé en France et à l’étranger pour de grandes marques internationales dans la mode ou le luxe. Et puis j’ai décidé de faire un break. Cette vie devenait trop prenante et j’aspirais à fonder mon propre business. Avec mon mari, nous avons développé la plateforme « Freelance Business Club ». La relation avec notre associé n’a pas fonctionné et le concept de place de marché dans ce domaine était encore trop novateur. C’est à cette époque que nous avons imaginé VO2 GROUP. Il venait du monde du conseil en nouvelles technologies. J’ai pu lui apporter un autre regard sur la manière de se développer. J’ai travaillé sur son réseau de proximité, là où nos concurrents détenaient, sans doute, une approche plus commerciale. Construire ce petit réseau nous a permis d’intégrer plusieurs grands comptes, pour croitre progressivement. Nous avons ensuite poursuivi notre développement de façon plus classique en structurant commercialement l’entreprise. VO2 Group accompagne aujourd’hui la moitié des grands comptes du CAC40 et des scale-ups innovantes, dans leur transformation digitale. Nous avons également un Lab de R&D en Intelligence Artificielle à Paris et 4 centres d’expertise au Canada, au Maroc, en Belgique et en Chine à Shanghai. Mon mari est CEO et nous avons recruté un DG en 2020. Je veille aujourd’hui à la stratégie et l’ambition de l’entreprise et suis plus opérationnellement la trajectoire de certains projets clefs.

 

Peux-tu nous parler de l’aventure Feminalink, le réseau d’influence que tu avais créé ?

Je me trouvais dans un milieu très masculin, plutôt hostile et j’ai éprouvé la difficulté d’avoir une carrière au féminin. J’ai réalisé aussi que le métier de service n’est pas reconnu, même si c’est un écosystème qui brasse énormément d’argent. Et puis en tant que femme, j’avais besoin d’être valorisée. J’ai alors décidé de me rapprocher des réseaux business, et j’ai constaté qu’un véritable enjeu existe pour les femmes. Elles sont confrontées à de nombreux challenges, quels que soient leur âge ou leur domaine de compétences. L’idée principale était de démocratiser ce statut de femmes professionnelles ou en créant un média social professionnel dédié. Voilà pourquoi j’ai voulu concevoir un LinkedIn au féminin. Je disposais déjà des équipes pour le développer. Je suis tombée amoureuse de mon produit, mais il n’a pas trouvé sa cible. C’était, trop tôt, avant #Metoo, et le projet intéressait plus les hommes que les femmes. J’ai dû abandonner au bout d’un an, malgré un investissement colossal. J’étais enceinte de mon 3e enfant. La seule qui m’ait apporté un soutien à l’époque est Clara Gaymard du fond Raise. L’échec a été très dur pour moi et j’ai eu une période de doute qui s’est transformée en burnout.

J’avais toutefois créé une communauté active que j’ai continué à entretenir et aujourd’hui j’organise des Frenchtalks au sein de V02 GROUP. Je mets en lumière des personnalités inspirantes. J’ai notamment reçu Natacha Hochet-Raab, Directrice générale EMEA & Japan FRED Paris, afin de découvrir son parcours au sein de LVMH et ses précieux conseils pour une carrière impactante. J’ai différentes casquettes : J’ai eu le plaisir de hoster le lancement du fonds « Leia Capital » destiné au financement early stage de startups féminines dans la Frenchtech. J’y participe en tant qu’investisseur. Je suis également mentore, toujours engagée pour les femmes, car je suis convaincue qu’elles ont besoin d’être valorisées et accompagnées de manière individualisée.

Quels sont tes prochains challenges ?

C’est en premier lieu de développer les Frenchtalks en lien avec des écosystèmes différents comme l’hôtellerie de luxe et l’expérience client.

Je suis très investie auprès de la FIDH, La Fédération internationale pour les droits humains. C’est une ONG qui regroupe 192 antennes dans 117 pays. Depuis 1922, la FIDH est engagée dans la défense de tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle va fêter ses 100 ans cette année, et je fais partie des ambassadrices de cet événement.

Et bien sûr, le dernier challenge, le plus important, est de faire croitre VO2 GROUP, sans levée de fonds, car nous avons décidé de rester indépendants. Il va falloir être créatifs.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Plus jeune, les stars de la musique afro-américaine m’inspiraient beaucoup : très souvent des hommes d’ailleurs. J’aimais beaucoup les séries américaines sur les dynasties, leurs entreprises et empires familiaux.

Je suis très inspirée aussi par mes collaboratrices, car elles ne sont pas des femmes de pouvoir. Elles ont une vie différente de la mienne, car j’ai toujours été entrepreneure ou indépendante. Je les trouve remarquables.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

 

Je recommanderais le dernier Goncourt : « la plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr. C’est un roman magistral d’apprentissage, une saisissante enquête sur les traces d’un mystérieux auteur mené par un jeune écrivain africain à Paris. Pendant plusieurs années je me suis éloignée de la littérature mainstream et j’ai appris à m’y replonger. Je ne suis pas intéressée par les livres sur le développement personnel, ça me barbe.

 

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

Oui « Fake it until you make it ».

À méditer.


[Art] Advisory

Interview de Gaïa Donzet, Présidente de GD Stratégies. Référence reconnue dans l’achat d’Art Moderne et Contemporain, Gaïa conseille et accompagne les collectionneurs dans l’acquisition d’œuvres.

J’ai rencontré Gaïa lorsqu’elle présidait le conseil d’administration de la Villa Arson à Nice. J’y siégeais également en tant que personnalité qualifiée. Gaïa est une femme passionnée, véritablement solaire, inspirante et j’ai voulu vous la faire connaître dans cet entretien tout en sensibilité.

Mais tout d’abord, commençons par son portrait : après une maîtrise d’Histoire de l’Art à La Sorbonne avec pour sujet de mémoire, les fondations et collections d’entreprises, Gaïa Donzet part à Londres pour collaborer à la revue Contemporary Magazine. Elle rejoint ensuite la maison de ventes aux enchères internationale Bonhams 1793 Ltd et crée en France leur succursale qu’elle va diriger durant 5 ans.

En 2009, elle est chargée par la prestigieuse galerie italienne Tornabuoni Art, spécialisée en Art Moderne et Contemporain, de créer sa filiale à Paris. Pour les propriétaires, la famille Casamonti, elle élabore la stratégie sur 5 ans du développement de la galerie en instaurant une politique volontaire d’acquisition et de vente d’œuvres modernes et contemporaines centrées sur des expositions quasi muséales. Grâce à ses qualités relationnelles et sa persévérance, elle introduit Tornabuoni Art au salon Tefaf de Maastricht puis à Art Basel.

C’est alors qu’Édouard Carmignac, l’une des 50 plus grandes fortunes de France la choisit comme conseil pour sa fondation. Gaïa se consacre pendant 5 ans à l’orchestration de ce nouveau projet et se charge de la curation de la collection. D’autre part, elle édite également des livres, et surtout, supervise la construction du musée sur l’île protégée de Porquerolles. Pour cette mission d’envergure, elle pilote les volets architecturaux, paysagers et artistiques.

Chaque année depuis l’ouverture, je visite ce lieu magique, avec ma famille. Quelle expérience incroyable de ressentir les créations, pieds nus, de déambuler dans les jardins magnifiques, et de diner au crépuscule sous les arbres. Derrière chaque détail on imagine la touche de Gaïa et la somme de travail fourni.

Depuis 2017, elle a fondé sa propre société : G D Stratégies, conseillant des personnes privées et des entreprises ou même des collectivités locales dans leurs acquisitions d’œuvres.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à faire carrière dans l’Art ? 

J’ai été plongée dès le berceau dans le monde de l’Art avec un père architecte et une mère éditrice. J’ai visité très tôt des expositions le dimanche, et pas toujours de bon cœur au début, mais je n’ai jamais regretté. Quand on est enfant, le temps n’est pas le même : on peut s’arrêter devant un tableau, une photo, une sculpture qui va parler plus directement à son inconscient. Cette période de ma vie a développé ma sensibilité.

Plus tard, j’ai eu plusieurs opportunités de me rapprocher du monde de l’Art. J’ai tout d’abord rédigé mon premier texte de critique d’art pour un de mes meilleurs amis artistes, à 17 ans. Étudiante, j’ai fait des petits boulots pour des galeries pendant la FIAC et je me documentais sur les œuvres que je présentais. J’ai apprécié le fait d’être immergée dans la création. Transmettre des émotions à travers une image ou une sculpture m’a passionnée. J’ai constaté la puissance d’offrir une expérience aux gens en leur communiquant l’amour pour un tableau. Lorsqu’on arrive à trouver l’œuvre qui correspond au gout de quelqu’un et qu’il découvre quelque chose en lui-même, grâce à elle, on contribue au lien entre l’artiste et le futur collectionneur. Le but de l’artiste c’est de créer une émotion en nous. Quand cela se déroule devant moi c’est très grisant.

En parallèle, ma relation avec les jeunes artistes et l’appui que je peux apporter pour booster leur carrière est très gratifiante.

 

Comment as-tu passé le pas de l’entrepreneuriat ?

C’est difficile de se lancer, tant au niveau professionnel que personnel. Être salarié te procure la sécurité même si c’est un peu infantilisant. Créer son activité nécessite une anticipation, comme mettre de l’argent de côté pour tenir les premières années, ce que je n’ai pas du tout fait. J’avais un enfant, j’étais enceinte du deuxième, et je venais de me séparer de mon conjoint. J’étais au top de ma carrière avant mes 40 ans. J’avais conçu mon propre musée, géré un projet global sur l’île de Porquerolles, choisi les artistes, les architectes, les designers, jusqu’aux produits dérivés. Je me suis occupée aussi du vignoble attenant.

La question s’est posée alors : est-ce que je recommence la même chose pour quelqu’un d’autre en étant salarié ? Est-ce que je vais retrouver la liberté de créer et la collaboration exceptionnelle que j’avais avec mon employeur ? Quand on a goûté à cette liberté dans le travail, de dire ce que l’on pense et de faire ce qu’on aime, il est très difficile de revenir en arrière.

J’ai commencé par explorer le meilleur pour moi, tout en apprenant à mieux me connaître. Je me suis tout d’abord rapprochée de potentiels associés. À cette occasion, j’ai pu me comparer et me valoriser en me séparant du fameux complexe de l’imposteur. Après une expérience sur une foire d’art Asia Now en collaboration, j’ai décidé finalement de me mettre à mon compte seule.

J’ai démarré en conseillant d’abord des amis… Se faire rétribuer pour quelque chose qui est de l’ordre du plaisir est plutôt délicat. Au début, on n’est pas sûr de soi et on se solde souvent par avance. Mais au fur et à mesure, j’ai été rassurée et j’ai pu construire une relation de confiance avec les collectionneurs. Ce qui fait ma plus-value c’est ma passion de l’humain : je ne forcerai jamais un client à faire l’acquisition d’une œuvre qu’il ne ressent pas, simplement pour de la spéculation.

 

Quelle est la représentativité féminine parmi ta clientèle ?

De plus en plus de femmes font appel à mes services, c’est assez récent. Elles ont pendant longtemps délégué l’acquisition d’une œuvre quand le prix était au-dessus d’un certain montant, comme si l’achat n’était qu’un pur placement. Les mentalités ont changé. J’adore travailler avec elles, car le rapport entre la sensibilité, l’investissement, le choix est tout à fait différent. Elles sont souvent très sûres de leurs gouts !

 

Quel a été l’impact de la pandémie sur tes activités ? 

Le confinement a été à la fois un coup d’arrêt et finalement une opportunité : j’ai dû me réinventer. Les gens ont passé beaucoup de temps chez eux. Ils ont voulu embellir leur intérieur en acquérant une œuvre d’art. Toutes les galeries étaient bien sûr fermées, mais j’y avais accès, en tant que professionnelle. J’ai pu établir une relation plus intime et plus forte avec les collectionneurs : j’étais la seule personne qui avait pu voir l’œuvre et ils m’ont fait confiance en se décidant sur photos. Le paradoxe du confinement était que nous consommions tous de l’art, musique, livres, cinéma, retransmissions de pièces ou d’opéra, mais que le monde de la culture n’était pas aidé.

Les galeries étant lourdement impactées, j’ai eu l’idée d’exposer en plein air. Je me suis rapprochée des municipalités et j’ai organisé une première exposition d’astrophotographie à Megève. C’est un concept que j’ai imaginé en partenariat avec un collectionneur. La finalité était d’apporter de la beauté, de la poésie, de la découverte, de l’évasion et de démontrer que l’art est accessible à tous. J’y ai rajouté des citations sorties du contexte, d’Oscar Wilde à Bernard Tapie, pour interpeller ! J’ai été ravie d’apprendre que la ville prolonge l’exposition pour la saison d’hiver.

 

Quels sont tes futurs challenges ?

Je cherche tout d’abord à recréer cette expérience d’exposition en extérieur dans d’autres localités… Je souhaiterais également me rapprocher des entreprises et les aider à investir dans l’art tout en défiscalisant. Peu d’entre elles sont au fait des dispositifs existants et il est de mon devoir de les informer afin de soutenir les jeunes artistes. Je me suis rendu compte que tout part de la passion d’un CEO pour l’art. Chez Édouard Carmignac, on pouvait trouver un Roy Lichtenstein au-dessus de la photocopieuse, ou d’autres moins connus dans les bureaux et les couloirs. Peu d’entre eux savent que l’on peut passer par une société de leasing, louer les œuvres et bénéficier, in fine, d’une option d’achat. Ils peuvent ensuite proposer aux employés de l’acquérir à 10 % de sa valeur !

Mais mon plus gros défi est de dénicher les grands artistes de demain, et les défendre auprès des collectionneurs. Ma plus belle satisfaction est de découvrir un artiste que je retrouverai 3 ou 5 ans plus tard dans des galeries internationales. Mon vrai challenge est de créer l’envie en permanence. J’ai la chance d’avoir des clients qui font des acquisitions autant par plaisir que pour des motifs rationnels. En ce moment par exemple, j’ai un tableau de Pierre Soulages à vendre. Inutile de le présenter, mais c’est le seul à avoir été exposé de son vivant au Louvre. Si l’acheteur n’a pas le coup de cœur pour cette œuvre, je n’insiste pas. Mes clients apprennent avec moi à se faire confiance, je les rends indépendants, jusqu’au jour où ils n’auront plus besoin de moi.

 

Quelles sont les personnes qui t’ont inspiré dans ta carrière ?

Le premier qui me viendrait à l’esprit est un professeur de français très exigeant et qui allait puiser en nous l’interprétation. Nous avions travaillé sur le livre « Le chef-d’œuvre inconnu » de Balzac. Dans cette histoire, l’œuvre de l’artiste disparaît, à mesure qu’il peint, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que le pied. Il nous avait posé la question « Pourquoi le pied ? ». C’est à cette occasion que j’ai appris qu’il n’y avait pas de bonne ou mauvaise réponse, chacun interprète avec son propre ressenti. Je me sers encore aujourd’hui de ses enseignements quand je conseille mes clients.

Je citerais bien sûr Édouard Carmignac, une personnalité tout à la fois tranchante et sûre d’elle-même avec, en même temps, une réelle qualité d’émerveillement. Il suit son intuition et à ce niveau d’excellence dans les affaires, il est très décomplexant. « En art comme en amour, l’instinct suffit. », nous disait Anatole France.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je commencerais par « Neige » de Maxence Fermine. Il est écrit comme une calligraphie chinoise dans un paysage de neige.

Mon deuxième est « Novecento », d’Alessandro Baricco, pour la beauté et le surréalisme de l’histoire étrange et merveilleuse.

Mon dernier conseil, ce sont les livres de Christian Bonin. Écrits comme des romans, il ne faut pas les lire d’une traite, mais apprécier chaque paragraphe comme une poésie à part entière. Chacune décrit la beauté d’un instant. Chaque phrase est un tableau et le dernier parle de Pierre Soulages.

 

Quelle est ta devise ou ton mantra ?

À l’époque où je travaillais pour la fondation Carmignac, ma devise était : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » de Mark Twain.

Aujourd’hui je me répète souvent, « Ne réagis pas, agis ! ».

 

À méditer.

 


[Evenements] startups


Interview d’Emilie Boyom, Membre Co-fondatrice & Organisatrice du B.I.G Challenge.

By Pascale Caron.

Quand on est une startup de la région sud, on a déjà au moins une fois croisé la route d’Emilie. BA06 event, Get in The Ring France, Big Challenge, autant d’événements qu’elle orchestre de main de maitre, entourée des ses acolytes et de l’équipe de bénévoles. J’ai voulu en savoir plus sur son parcours.

 

Qu’est-ce qui t’a amené à faire carrière dans l’innovation ?

Assez jeune, je ne me voyais pas continuer dans une scolarité en France. Je suis donc partie aux États-Unis, en Caroline du Nord, afin de décrocher un Bachelor Business Administration en Management et Marketing.

De retour à Paris dans les années 2000, j’ai travaillé dans le Luxe en tant que responsable marketing. J’ai commencé par un stage chez Shiseido et j’ai ensuite rejoint le Swatch Group qui comprend 18 marques horlogères : j’y suis restée 5 ans. J’ai pu me frotter à l’univers des grands groupes et j’y ai parfait ma formation. J’ai vécu des aventures incroyables, côtoyant les stars américaines comme Will Smith ou Tom Cruise.

Et puis en 2005, nous décidons avec un associé de créer une marque de montres. Nous voulions fabriquer en Chine, car ils avaient un savoir-faire horloger. C’est pour cela que nous sommes partis 2 mois là-bas visiter les usines, et arpenter les salons. Nous avons commencé avec des inspirations de Rolex en plastique, dont certains modèles étaient tombés dans le domaine public, nous étions précurseurs de « Ice watch ». Venant d’un grand groupe, nous avions accès à toutes les équipes de logistique, de comptabilité et d’administration : avec le recul nous étions inconscients des risques que nous prenions, tout était à construire et nous devions tout faire. Après les premières ventes, nous rencontrons des Coréens et décidons de lancer des montres en céramique. C’était l’époque de la J12 de Chanel et bien sûr leurs avocats nous sont tombés sur le dos. Nous avons dû engager un avocat spécialisé afin de gagner nos procès. À cette époque les incubateurs et les accélérateurs n’existaient pas, un accompagnement nous aurait surement évité tous ces écueils. En 2007 nous choisissons de lever des fonds pour créer des boutiques de marques chinoises et renforcer la distribution de notre propre marque. Mais en 2008, la crise des sub primes a mis un coup d’arrêt à nos projets.

Je venais d’avoir ma première fille, il a fallu prendre une lourde décision. : nous avons liquidé le stock. Cette aventure entrepreneuriale a été très formatrice et finalement très positive pour la suite de ma carrière.

Je choisis de faire un break et prends un congé parental pour avoir mon deuxième enfant et on redescend sur la Côte d’Azur près de ma famille. Arrivée à Nice, je me rends compte que je n’avais plus de connexions ni de réseau. Le développement durable et la RSE étaient balbutiants à l’époque et me passionnaient. Je décide de repartir en école de commerce en 2012 à Skema. J’avais alors 2 filles en bas âge de 4 ans et 2 ans. Contrairement à ce que j’imaginais, les enfants à cet âge demandent beaucoup d’attention, mais je sors quand même major de promo !

 

 

Comment t’es-tu retrouvée au BA06 ?

À Skema nous devions contribuer à des missions en entreprise et c’est à cette occasion que j’ai rencontré Georges Dao, un personnage déterminant pour la suite de ma carrière. Il était en cours de création d’un fonds en ISR (investissement socialement responsable) et cherchait 2 étudiants pour faire un benchmark. C’était une tâche titanesque, mais j’ai relevé le défi. De fil en aiguille, je fais mon stage chez lui et me voilà embarquée dans l’aventure BA06 et notamment « BA06 event » porté par L’UPE06 au démarrage. Même si je n’avais pas de compétences financières, George avait dans l’idée d’utiliser mon expérience marketing, entrepreneuriale et managériale. Je ne connaissais rien à la Tech ni à l’innovation. Ce n’était quand même pas un milieu inconnu, car mon mari était ingénieur. Je me retrouve donc employée du BA06, et s’en suit l’aventure Get in The Ring apportée par la JCE de Monaco.

Dès la 3e édition du BA06, avec ma compère Marina Péré, nous nous lançons dans les concours de pitchs et les vidéos. Nous avons coaché plus de 500 startups au cours de toutes ces années.

En 2019, George a plus de 70 ans et se résout à passer le flambeau à un entrepreneur. Sébastien Fraisse avait participé à la 2e édition du BA06 en tant qu’entrepreneur et était reconnaissant de ce que cet événement lui avait apporté. Il voulait monter un écosystème de startup et un magasine, mais il lui manquait le volet « rencontre business ». C’est tout naturellement que nous lui avons recommandé le BA06. La condition, comme au mercato de foot, était que je fasse partie du deal, et je les ai donc rejoints.

 

Comment c’est organisé le B.I.G Challenge ?

Lors d’une discussion avec Laurent Dys de CannesIsUp, nous réalisons que la pléthore d’événements organisés sur la côte nuisait à l’efficacité et nous proposons de coordonner un challenge regroupant plusieurs manifestations. Quand on pense que les startups vont à la grand-messe du CES de Las Vegas pour rencontrer EDF ! Nous avons décidé de créer notre CES à nous et nous présentons l’idée en aout 2019 au maire de Cannes. À la suite de la crise sanitaire, nous programmons la manifestation en septembre 2020 sur les iles de Lérins et au Collège international de Cannes.

Après ce premier essai, nous choisissons de repartir aux sources. Nous concevons le BIG Event en rassemblant BA06 et Get in the Ring et en organisant des activités de team building le 2e jour pour les entreprises qui le souhaitent. Le lieu sélectionné a été la Bastide Rouge, le tout nouveau Campus, qui venait tout juste d’être fini. Il n’avait pas encore été inauguré !

 

Quels sont tes futurs challenges ?

Nous sommes en cours de sécurisation du BIG Challenge pour plusieurs années, le prochain sera prévu en octobre 2022.

 

À vos agendas ! Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Actuellement je lis beaucoup de livres sur la créativité et notamment les travaux de Teresa Amabile, professeur à Harvard. Elle a étudié comment favoriser la créativité dans les entreprises et identifié des facteurs qui la facilitent ou la contraignent. Ses recherches portent essentiellement sur la motivation, l’innovation organisationnelle et, plus récemment, sur les réactions émotionnelles des individus face à des événements de leur vie professionnelle. J’ai lu, « The progress principle: Using small wins to ignite joy, engagement and creativity at work ».

J’ai apprécié également un livre sur les routines des gens créatifs et à quel moment de la journée, ton cerveau est le plus productif. Je conseille « Daily rituals: how artists work » par Mason Currey.

 

Quelles sont les personnes qui t’ont inspiré dans ta carrière ?

Je citerai bien sûr en premier George Dao, qui m’a ouvert son carnet d’adresses et m’a permis de rencontrer énormément de monde : cette rencontre a été décisive. Il m’a appris une chose que j’utilise encore « tant qu’on ne t’a pas dit non, tu y vas, tu ne lâches pas ».

Lors de mes études aux états unis, un professeur de marketing a également été déterminant en me disant « If there is a will, there is a way ». Depuis ce temps, je suis persuadée que tout est possible.

Ces deux devises sont devenues mes mantras.


[Recrutement] Femmes-de-la-Tech

Interview de Caroline Ramade Fondatrice & CEO de 50inTech

By Pascale Caron

Caroline a démarré sa carrière comme journaliste politique. Après des études « de droit de la vie politique » elle a passé 2 ans au Brésil. En rentrant en France, elle tombe par un heureux hasard dans le numérique chez www.vozimage.com, et se passionne pour le digital. Mais la politique la rattrape et elle concilie rapidement les 2 mondes lors de la campagne de Bertrand Delanoë pour la mairie de Paris en 2008. Elle prend conscience de la problématique de la mixité en étant à la tête de Willa pendant 3 ans (anciennement Paris Pionnières), l’incubateur des start-up fondées par au moins une femme. En 2018, elle fonde 50inTech, la plateforme de recrutement des femmes pour l’industrie du numérique.

 

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

C’est lors de mon aventure avec Willa que j’ai réalisé que j’avais une âme de chef d’entreprise. J’y ai côtoyé des femmes incroyables qui m’ont inspirée. À l’époque l’association allait mal, et était très dépendante des fonds publics. J’ai dû tout reprendre en main et réorganiser, changer les modèles afin de la redynamiser. À cette occasion je me suis passionnée pour le sujet de la diversité dans la Technologie.

Comme toute histoire doit avoir une fin, j’ai lancé ma propre entreprise en 2018, 50inTech avec pour ambition d’avoir 50 % de femmes dans la Tech en 2050. Je suis partie du constat que le secteur des nouvelles technologies ne compte que très peu de femmes : seulement 10 % parmi les cofondateurs de start-up, 9 % des investisseurs et moins de 30 % des employé(e)s du numérique. Non seulement elles sont peu présentes dans la Tech avec 15 % dans les profils techniques et ingénieurs, mais quand elles parviennent à intégrer ce milieu, beaucoup n’y restent pas. Une sur deux quitte la Tech après 35 ans. Les raisons sont le plafond de verre, bien sûr, elles ne sont que 1 % au poste de CTO (Chief Technical Officer). Elles souffrent aussi d’un manque d’équilibre entre le professionnel et le personnel. Quand elles veulent avoir des enfants, elles se retrouvent en décalage avec leurs collègues, jeunes et masculins, et doivent faire face à un environnement toxique qui les rejette. Enfin, comme dans de nombreux secteurs malheureusement, les inégalités salariales touchent encore la Tech. Les femmes gagnent en moyenne 400 000 euros de moins au cours de leur carrière.

Fort de ce constat j’ai décidé de créer une plateforme qui a pour vocation de booster l’employabilité des femmes dans le numérique. J’ai pensé au départ à créer une association, mais en France ce statut ne permet pas de lever des fonds. L’inclusion et l’indépendance financière des femmes ne sont pas des sujets d’intérêt général. J’ai donc fondé une entreprise à mission, une « social tech » et nous reversons une partie de nos revenus à des associations.

 

Quel est le concept de 50inTech ?

50inTech est une plateforme RH de sourcing européenne pour les compagnies françaises, allemandes, anglaises et américaines qui recherchent des talents féminins dans la Tech. Nous analysons critères d’inclusion que sont les inégalités salariales, les plans de carrière et la toxicité au travail. C’est une plateforme SAAS (Software as a Service) avec un algorithme de matching qui prend en compte les hard skills et très bientôt les softs skills. Nous organisons également le club Tech Changer et le club peer-to-peer qui réunit tous nos HR et « recruiters partners » et qui permet d’échanger les bonnes pratiques DE&I (Diversity, Equity, and Inclusion) appliquées à la Tech.

 

J’ai vu que ton activité était très dense en fin d’année : New York, Diversidays, Vivatech…

Oui nous avons profité d’une fenêtre de tir que nous a laissé la crise sanitaire entre novembre et décembre. Tout d’abord nous avons été sélectionnés pour participer à la finale du « FrenchFounders Transatlantique Leaders Forum » à New York : sur 150 startups postulantes nous avons fait partie des 6 choisies. Les États-Unis venaient d’ouvrir les frontières et s’était incroyable de visiter New York sans touristes.

Mais ce n’est pas tout, nous avons partagé la scène de l’Olympia à l’occasion des Diversidays. À la veille de la Journée mondiale pour l’égalité des chances, Diversidays a organisé une soirée inédite pour célébrer nos différences. J’ai pu côtoyer des personnalités comme Sarah Ourahmoune vice championne olympique de Boxe. J’ai rencontré à cette occasion Karima Silvent la directrice des ressources humaines du groupe Axa qui a été élue DRH de l’année 2021. Nous avons pitché ensemble, sur la diversité qui est une de ses priorités. Elle a une histoire incroyable, et très inspirante. Née aux Comores, Karima Silvent quitte cet archipel de l’océan Indien à 6 ans. Sa mère très volontariste souhaitait que ses filles puissent suivre des études. Adoptée par un membre éloigné de sa famille elle part à Châlons-en-Champagne. Dès l’âge de 10 ans elle entend parler de Sciences Po et de l’ENA qui étaient un symbole d’intégration républicaine pour son entourage familial. Karima Silvent a suivi cette voie et est sortie diplômée de Sciences Po et de l’ENA. Elle représente un modèle de diversité et d’inclusion pour moi.

Et enfin comme chaque année depuis 4 ans nous avons soutenu les femmes entrepreneurs dans la collecte de fonds au VivaTechnology. Nous sommes co-organisateurs du « female founder challenge », un concours qui rassemble 450 startups dans le monde, au cours duquel nous les matchons avec des investisseurs.

 

Et quelle est la prochaine étape pour 50inTech en 2022 ?

Nous lançons sous peu un outil d’évaluation de l’inclusion pour les entreprises technologiques. Nous sélectionnerons les sociétés en fonction de critères de diversité et nous nous laisserons le droit de casser un contrat si ce self-assessment n’est pas en rapport avec la réalité.

Nous allons également ajouter des questionnaires sur la diversité au travail que ce soit le genre, mais aussi la race et l’orientation sexuelle. Toutes ces informations ne sont pas toujours collectables en fonction des pays et nous travaillons avec un avocat spécialiste en RGPD sur le sujet.

Nous organisons 6 bootcamps pour booster la carrière de notre communauté. Les femmes pourront s’enregistrer gratuitement. Nous allons mettre en place un programme de mentorship avec des C-Level pour soutenir la progression de l’écosystème.

Ma priorité est surtout de lever des fonds, d’embaucher à Londres et à Berlin et finir ma maison, car j’ai déménagé dans la forêt à Bordeaux !

 

Tu fais partie de beaucoup d’associations, peux-tu nous en parler ?

Je suis au board du Comité National ONU Femmes France depuis 2018. Il vise à favoriser l’indépendance économique et l’égalité professionnelle, lutte contre les violences faites aux femmes et agit pour accroitre leur représentation au sein des instances politiques.

 

Je suis aussi au conseil d’administration des Canaux depuis 2017, créés par la mairie de paris. Cette association soutient les acteurs des économies solidaires, en France et à l’international. L’association conçoit des programmes de formation et d’apport d’affaires pour accompagner les acteurs économiques engagés dans le développement de leurs activités.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Les femmes de pouvoir ou entrepreneures m’inspirent. Je citerais Claire Calmejane Directrice de l’Innovation de la Société Générale. Elle est en charge de l’accélération de la transformation de la banque. Cette spécialiste du numérique et des Fintech déploie sa culture de l’innovation, aussi bien en modernisant les businessmodels existants du groupe, qu’en inventant ceux de demain.

Je pense également à Camille Morvan Neuroscientifique, qui possède un PHD au collège de France et a enseigné à Harvard. Elle a fondé la plateforme Goshaba qui permet à chacun de prendre conscience de son potentiel à travers des évaluations objectives. Elle donne aux organisations les clés pour sélectionner les personnes les plus compétentes pour un poste en prenant en compte les softs skills.

Je citerai aussi Géraldine Le Meur qui est à la tête du fonds d’investissement créé par FrenchFounders. Elle a été la première à me faire confiance. Serial entrepreneure française et américaine, business angel, mère de trois garçons, elle a fondé sa première entreprise à l’âge de 23 ans. Cofondatrice de la conférence emblématique LeWeb, elle a dirigé plusieurs autres sociétés reconnues dans la Tech. Installée depuis 2007 à San Francisco, son dernier challenge, The Refiners, est un fonds d’amorçage et un programme qui a pour objectif d’accompagner des entrepreneurs non américains dans leurs ambitions globales en passant par la Silicon Valley.

Pour finir, je suis très inspirée par Marie Outtier, qui après avoir revendu sa société Aiden.ai à Twitter fin 2019, investit dans des startups tout en étant directrice produit chez Twitter. Elle a été aussi une des 1res à nous soutenir et à investir chez nous.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’en proposerais 3, tout d’abord, « Invisible women » de Caroline Criado Perez : qui démontre par la donnée les inégalités dans notre vie de tous les jours, dans un monde conçu pour les hommes. La plupart des infrastructures et équipements que l’on utilise quotidiennement ont été pensés sans égard aux différences entre les sexes. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui ont imaginé la société dans lequel on vit, à leur image.
Ainsi, si les femmes ont souvent froid sur leur lieu de travail, c’est parce que la température des bureaux est basée sur le métabolisme d’un homme. Si elles sont plus susceptibles d’être gravement blessées lors d’accident de la route, c’est que les tests de sécurité sont effectués sur des hommes de 1,77 m pesant 76 kilos.
Tout au long de cette enquête stupéfiante, Caroline Criado Perez démontre que les femmes sont tout simplement absentes de la majorité des études statistiques, au détriment de leur santé, et parfois même de leur vie.

Le deuxième est de Claire L.Evans, « Broad Band: The Untold Story of the Women Who Made the Internet ». Dans ce livre elle raconte l’histoire de la première communauté online en hypertexte. Elle avait été crée par une femme sous la forme d’un forum dédié à la culture en respectant la présence de 40 % de femmes dans le réseau. Le livre n’existe qu’en anglais.

Côté roman, je conseillerais Elena Ferrante et la saga « L’Amie prodigieuse ». Dans un des tomes, on propose à l’héroïne de devenir informaticienne : on se formait à cette époque sur le tas et les programmes étaient codés sur des cartes à trous.

 

Pour finir aurais-tu une devise ou un mantra ?

C’est une citation d’Emilie Dickinson, « si ta volonté te laisse, dépasse-la ».


[Equilibre] Nutrition

Interview de Nadia Chabal Calvi co-fondatrice & CEO de Code Equilibre® et de SAS Phénix Europe 2050®.

By Pascale Caron

Experte en gestion des fonds européens et marketing territorial depuis plus de 15 ans dans les rouages des FESI (Fonds Européens Structurels et d’Investissement), elle a développé Europe 2050® Conseils et Formations. En parallèle, passionnée par l’alimentation et fille d’agriculteur, elle a approfondi ce sujet. Elle est devenue diététicienne spécialisée sur la prévention santé liée à l’obésité et à l’enfance dans le cadre du PNNS (Programme National Nutrition Santé). C’est dans ce cadre qu’elle a créé Code Équilibre® pour la prévention Santé par l’alimentation.

 

 

Comment t’es-tu lancée dans l’entrepreneuriat ?

J’ai commencé ma carrière par un emploi salarié, spécialisé dans les levées de fonds européennes pour la préfecture de région et le département. Quand mon fils est né, j’ai été sensibilisée à l’obésité des enfants. Mon pédiatre m’avait alertée sur le fait qu’il avait dépassé la courbe de poids et que tout se jouait entre 0 et 6 ans. Consciente du risque j’ai tout lu sur le sujet et me suis passionnée pour la question de l’alimentation. Consciente de mes limites, j’ai pris l’opportunité de partir en congé formation pour passer un BTS de diététicienne et ensuite me former au CNAM dans une spécialisation sur l’enfance et l’obésité.

Le déclic pour moi a été quand j’ai participé en tant que consultante à un des séminaires des Premières SUD : j’avais été conviée, car j’étais spécialiste des fonds Européens. C’est grâce à eux que je me suis lancée, en créant 2 marques en même temps : Europe 2050®, et Code Equilibre®. Isolée dans les Alpes-de-Haute-Provence, sans Les Premières Sud, je n’aurais pas pu me lancer dans tous ces concours de pitch, je n’aurais surement pas intégré Orange et le programme #FemmesEntrepreneures. Je leur dois beaucoup.

 

Quel est le concept de Code Equilibre® ?

Notre moto c’est « Bien manger sans changer ses habitudes ». Code Equilibre® est une application mobile qui permet de planifier ses repas tout en respectant les régimes alimentaires et les besoins nutritionnels de chacun. Grâce à ce nouvel outil, le choix des menus est facilité et répond aux besoins de chaque membre du foyer. Nous voulons devenir votre meilleur partenaire Santé & Bien-être !

Au 5e siècle avant Jésus Christ, Hippocrate a dit « Que ton aliment soit ton seul médicament ». 26 siècles plus tard, l’OMS « Organisation Mondiale de la Santé » recense 600 millions de personnes en situation d’obésité dans le monde, dont 42 millions d’enfants de moins de 5 ans.

Les maladies nutritionnelles tuent, elles sont malheureusement invisibles, silencieuses et irréversibles : on parle de 2 millions de décès par an liés à l’obésité, 1 cancer sur 3, le diabète et son nombre croissant d’amputés. Le cholestérol et les maladies cardio-vasculaires sont les 1res causes de mortalité… Même si la nutrition n’est pas le seul déterminant de ces pathologies, c’est un facteur sur lequel il est possible d’intervenir, collectivement et individuellement. Nous devons agir, car c’est la prévention qui permet de lutter contre ce fléau.

À l’heure où Internet est accessible dans chaque foyer, où l’on fait ses emplettes en ligne, nous proposons un accompagnement personnalisé. À travers l’application, nous leur offrons des menus, recettes et listes de courses entièrement personnalisés en fonction de leurs besoins. Nous souhaitons changer l’attitude alimentaire en passant d’une logique d’achat par produit à une logique d’achat par menu. Notre but n’est pas un calcul des calories ou de la diète : nous procurons un équilibre qui guide les comportements sans modifier les habitudes des consommateurs en apportant un gain positif pour leur santé. Ce sont des erreurs alimentaires répétées qui créent le plus souvent des déséquilibres.

 

Mais alors, comment bien manger ? 

L’objectif premier à atteindre est de fournir à chaque organisme l’énergie et les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement. L’équilibre alimentaire, c’est l’harmonie entre les besoins et les apports. Si tu consommes plus que nécessaire, la balance est en excédent, c’est le surpoids, et à l’inverse c’est le déficit et la maigreur. Chaque individu a des besoins énergétiques (en kcal) différents suivant son âge, poids, taille, et sexe et son niveau d’activité physique.

Mais cela ne suffit pas, on doit également varier son alimentation, afin de couvrir tous les besoins nutritionnels. On considère que l’équilibre peut être atteint lorsque l’apport énergétique total est réparti entre 10-20 % de protéines, 35-40 % de lipides et 40-55 % de glucides. Pour nous guider, il y a les recommandations du « Programme National Nutrition Santé » (PNNS), les bien connues : « Manger 5 fruits & légumes par jour », « Ne pas manger trop gras, trop salé, trop sucré »…

 Ça m’a l’air compliqué, faut-il faire des calculs et tout compter ?

C’est là que Code Équilibre® intervient. Il permet de mesurer ses besoins, visualiser sa portion, et celles de son foyer. Cette donnée est essentielle pour adapter l’alimentation de chacun en quantité, car les erreurs sont souvent liées à « la cuillère en trop ». On peut suivre également ses apports caloriques et nutritionnels semaine après semaine et gérer ses listes de courses et ses menus.

Où en es-tu et quels sont les nouveaux challenges pour Code Equilibre® ?

Nous avons lancé l’application en janvier 2022 et notre campagne de Crowdfunding sur Ulule. Nous proposons des recettes, et calculons les quantités en fonction des besoins énergétiques de chaque membre de la famille. Dans les prochaines étapes, nous avons prévu de préremplir le planning pour chacun et améliorer l’expérience client. Dans une future version en fonction du succès de notre campagne de financement nous voudrions synchroniser la liste de course que nous générons avec des enseignes de la grande distribution ou des magasins Bios.

Nous recherchons des partenariats avec des entreprises qui désirent augmenter leur score RSE, en proposant des ateliers sur la nutrition et un abonnement à l’application. Au-delà de l’image de marque, cela leur permet d’offrir une meilleure qualité de vie à leurs salariés, contribuer au bien-être au travail et attirer et fidéliser des profils hautement qualifiés.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Je suis très admirative de Michelle Obama, une personnalité pleine de peps qui a su garder sa simplicité. Lors du mandat de Barrack Obama, elle avait mené en tant que 1re dame, un programme de sensibilisation sur l’alimentation. Beyoncé avait même fait un clip sur le thème « Move your body ». Son action est en ligne avec mes valeurs : dans le pays de la malbouffe, prendre cette question à bras le corps en aidant les jeunes à se sentir mieux dans leur corps m’inspire énormément.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’ai adoré « Le charme discret de l’intestin », car elle arrive à vulgariser un sujet délicat. Il est irrésistiblement illustré par Jill Enders, la sœur de l’auteure. Au fil de ces pages croustillantes, Giulia Enders plaide avec beaucoup d’humour pour un organe qu’on a tendance à négliger. Elle explique le rôle prépondérant de ce « deuxième cerveau » sur notre bien-être et relate l’aventure qui a permis aux chercheurs de saisir la fonction du microbiote dans le système immunitaire. Avec des arguments scientifiques, elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie. C’est un livre très facile à lire et qui est au cœur de mon sujet favori !

Pour finir aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Il n’est jamais trop tard pour tout ce qu’on a envie d’entreprendre ». Que ce soit prendre sa santé en main, mieux se nourrir, faire du sport et bien sûr créer sa société. La mienne s’appelle Phénix, comme le symbole d’une renaissance…

 


[Oenotourisme] Ladies Wine

Interview d’Estelle de Pins, fondatrice et CEO de la société Alliandre, qui accompagne les domaines viticoles dans leur développement oenotouristique.

By Pascale Caron.

Après des études de contrôleur de gestion et 12 ans en tant que responsable financier, salariée, dans un groupe de vins et spiritueux, Estelle a créé Alliandre, afin de guider la filière du vin dans leur ouverture à l’accueil des amateurs de vins dans les domaines viticoles. Elle apporte des conseils, des formations spécifiques en fonction de chaque besoin, une aide de mise en réseau, mais aussi la location d’un logiciel de gestion d’activité oenotouristique : GDO, édité par ses soins depuis 10 ans. Estelle a également cofondé l’association « Ladies’ Wine France » accessible à toutes les femmes de vin.

 

Qu’est-ce qui t’a amenée à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

Après 12 ans, en tant que salariée, j’ai eu envie d’autre chose. Au départ, je ne me voyais pas créer une société. Après un bilan de compétence, on me recommande de reprendre une entreprise existante. Je me retrouve donc lauréate du « Réseau Entreprendre » pour la reprise d’Entreprise, mais après quelques mois d’effort l’établissement n’est plus à vendre ! C’est comme cela que je décide finalement de démarrer mon activité en 2009 dans le conseil et formation dans le secteur du vin. J’ai alors étudié la problématique de l’œnotourisme et ses aberrations. J’ai eu envie de rendre leur autonomie à ces acteurs, leur laisser le choix de faire croître leurs propositions d’expériences sans dépendre d’un intermédiaire et d’un système de commission extravagant. Nous avons donc créé GDO, un logiciel pour gérer la venue des consommateurs ou curieux de vins dans les domaines viticoles. Ce logiciel permet l’organisation et le développement de réservations d’activités, de chambres, mais aussi l’achat de vin sur une solution SAS en marque blanche. Nous l’avons conçu pour offrir l’opportunité de garder la main sur la relation client, quels que soient les partenaires avec lesquels travaille le domaine ou la cave sans contrainte d’intermédiaire web.

Finalement je me suis rendu compte que le gros challenge n’était pas la partie technique, mais celui de faire comprendre à la filière du vin l’intérêt d’une diversification et d’une ouverture à ses consommateurs. À l’époque il était de mise que les clients passent soit par des offices de tourisme ou par des agences oenotouristiques. Je me suis lancée dans cette activité dans une optique d’aide et de création de valeur dans le domaine du vin. C’est pour cela que le logiciel est en location forfaitaire, avec une réelle connexion entre la valeur et ce qu’il apporte. Venant du monde de la finance, les intermédiaires qui fonctionnent sous forme de commission me gênent profondément, j’y préfère une manière de procéder plus éthique.

 

J’ai vu que tu as étendu ton activité dans d’autres domaines.

En effet, nous avons utilisé les fondamentaux puissants de GDO pour créer une solution pour les organisateurs de salon en ligne et en présentiel. C’est dans ce cadre que je suis fournisseur pour Profesionn’L de Valentine Mulliez Bardinet et Séverine Vanleene-Valette : je leur apporte la gestion des rendez-vous. Pour rappel, l’association « Profession’L » a pour but d’accompagner les femmes qui souhaitent redonner un nouvel élan à leur carrière. Ce sont des salons sur lesquels elles peuvent trouver écoute et réponses personnalisées sur les thèmes phares de l’évolution professionnelle : formation, recherche d’emploi, recrutement, création, entrepreneuriat, coaching individuel.

 

Quels sont tes futurs challenges ?

Je me suis lancée dans une autre diversification de mon activité. Depuis la Covid, les commerçants du centre-ville ont essuyé beaucoup de difficultés. J’ai eu envie de les aider. Je me suis rendu compte que la gestion de rendez-vous de GDO pouvait bénéficier également aux boutiques de prêt-à-porter. L’idée est de proposer une expérience augmentée avec prise de rendez-vous. Le commerçant en étalant ses rendez-vous clients pourrait apporter plus de service à chacun, pourquoi pas du coaching de style, apéro entre copines ou privatisation totale par exemple. Le challenge est, après la première expérimentation concluante à Bordeaux, de le déployer à d’autres magasins. Comme de coutume, le défi n’est pas technique : c’est la recherche de nouveaux prospects et le temps pour faire connaitre la solution qui font défaut ! J’aimerais pouvoir me consacrer à tous ces projets en déléguant certaines activités, c’est en cours.

 

Tu as évoqué la crise, quel en a été l’impact pour ta société ?

Je n’ai pas été impactée directement. Elle a permis finalement aux domaines viticoles de réaliser l’importance des outils et d’internet : dans un sens cela a été salvateur.

 

Tu es également très active au niveau associatif, parle-nous des Ladies Wine :

Avec plusieurs professionnelles de la filière, nous avons cofondé, il y a 5 ans « Ladies’ Wine France » accessible à toutes celles en activité dans le domaine. Nous sommes actuellement une dizaine à piloter l’association : Olivia Routier, Clémence Coiffe, Audrey Backx (bureau national), Agnès Ruellan (Bordeaux) Isabelle Roullier (Sud Ouest) Marie-Antoinette de Schipiorsky (Bourgogne) Catherine Arnaud (Provence), Carole Deo Van (Paris), Karine Hibon (Languedoc-Roussillon), Julie Le Béchennec (Lyon), Marie Astrid Thomassin (Loire Ouest), Déborah Baillard (Loire Centre), Valérie Aigron (Champagne).

Nous sommes parties du constat que les femmes manquaient de crédibilité, dans la filière du vin. Quoi de plus puissant qu’un réseau pour assoir cette crédibilité et s’entraider ? Nous sommes une association qui apporte la réflexion, l’échange d’expérience autour d’un thème. Elles contribuent à l’enrichissement de l’expertise commune, à travers le partage de leur propre vécu. Nous favorisons la créativité et l’innovation dans notre métier !

Depuis la première antenne à Bordeaux, nous avons maintenant un développement national. Nous sommes actuellement 200 femmes. Finis le temps où on me disait « je ne prends pas de femmes, car vous allez faire tourner le vin », incroyable, mais vrai ! Nous sommes de tous horizons, de tous âges : de la propriétaire de vignoble à la DG de groupe ou même la guide touristique. Nous organisons des conférences mensuelles et chaque région établit en autonomie son programme. Nous voulons changer les mentalités, surmonter les idées préconçues dans ce monde si masculin, et tout cela en élevant nos enfants : j’en ai 3 !

  

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Ce sont les gens qui réfléchissent à l’avenir en intégrant le bienêtre de tous. Je pense à un chef d’entreprise complet, un négociant en vin qui en même temps savait manager avec bienveillance et gérer son entreprise d’une main de maitre. Il est maintenant à la retraite, et il m’a inspiré dans ma carrière.

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

J’apprécie beaucoup l’œuvre de Delphine de Vigan. Mis à part un d’entre eux, j’ai tout aimé de ses 10 romans. Elle est à la fois romancière, mais également scénariste et réalisatrice. Elle a un don pour retranscrire les émotions et faire transparaitre une vraie sensibilité.

 

Pour finir aurais-tu une devise ou un mantra ?

Oui, « Tout est possible », il ne faut pas lâcher !

 


[Jouets d'occasion] Market place

Interview de Marie Fauchille, Fondatrice de Andy family, la plateforme communautaire de vente de jouets d’occasion.

By Pascale Caron.

Après un Bachelor à l’EDHEC, un Master à ESCP Europe et une expérience chez un grand distributeur du secteur, Marie à 29 ans, se rend compte de l’impact écologique et économique des jouets. Elle est l’aînée de 7 enfants, et est déjà adepte de la seconde main ; elle décide donc de créer Andy Family ! Marie est une personnalité pétillante et pleine d’humour, habitée par une vision écoresponsable et soucieuse de la planète.

 

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel et qu’est-ce qui t’a amené à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

 Au lycée je voulais être psychologue pour mannequins, mais quand j’ai su qu’il fallait faire des études de psycho j’ai vite changé d’avis ! Ce qui m’intéressait c’était le contact humain, c’est la raison pour laquelle j’ai opté pour une école de commerce. J’ai commencé par créer ma 1re boite en B2B, mais mon manque d’expérience professionnelle m’a joué des tours et j’ai dû abandonner.

Je suis ensuite rentrée chez un grand distributeur du jouet qui a été décisif pour le reste de l’aventure. Je devais réinventer leur stratégie numérique. Si dans les magasins traditionnels ils se retrouvaient en position dominante, ce n’était pas du tout le cas en ligne face au géant Amazon.

Je me suis lancée dans une étude approfondie du secteur du jouet et j’ai proposé l’idée de créer une marketplace de seconde main. En effet les millenials dont je fais partie, sont très soucieux de l’avenir de la planète et le recyclage est vraiment dans l’air du temps. Si cette idée a été rejetée par mon employeur de l’époque, elle a quand même continué à maturer au fond de moi.

Le 17 mars 2020, étant la dernière arrivée dans le groupe, je fus la première partie, victime de la crise. J’ai senti que c’était l’opportunité de me lancer, car j’étais sûre que mon idée était la bonne. Dans mon enfance j’ai beaucoup partagé mes jouets ! Cela m’a toujours paru normal, on les achetait en braderie, je m’amusais avec, ils étaient légués ensuite à mes frères et sœurs, puis mes cousins, jusqu’à ce qu’après « 16 576 utilisations » ils soient hors d’usage.

J’ai passé le confinement à faire un sondage téléphonique auprès des personnes qui mettaient leurs jouets en ligne sur le « Bon coin » ou sur « Vinted ».

De cette étude est né Andy, en aout 2020 : mon credo était de permettre aux parents d’éduquer leurs enfants, tout en respectant l’environnement, et en faisant attention à leurs dépenses.

Comment fonctionne Andy ?

Nous sommes convaincus que le jeu est un formidable vecteur d’éducation. Il rend l’enfant actif dans ses apprentissages, et nous voulons le faire savoir !
Les vertus pédagogiques sont mentionnées sur chaque fiche produit, et nous fournissons des tutoriels, des conseils sur nos médias sociaux. Notre credo est l’éducation de manière ludique et responsable.

Chez Andy Family, nous mettons un point d’honneur à assurer la meilleure expérience aux vendeurs et acheteurs. Elle doit être la plus simple possible. Les annonces sont vérifiées avec soins et font envie. Avec des descriptifs détaillés, une équipe attentive, Andy Family renseigne les acheteurs afin de n’acquérir que ce dont ils ont besoin.

De nos jours avec la pandémie, et les pénuries qui en découlent, la consommation se fait plus locale. Quand on sait qu’un jouet sert généralement 7 mois pour une durée de vie de 15 ans, et que 95 % de ceux vendus en France sont fabriqués en Asie, leur donner une seconde vie devient une évidence.

J’ai lu que tu avais développé toi-même ta plateforme, peux-tu nous en parler ?

Dans ma jeunesse j’ai été diagnostiquée dyscalculique, si ça existe ! Ma note moyenne en maths pendant toute ma scolarité s’approchait des 8/20, et ce grâce à un travail acharné. Bref, tout ça pour dire que mon esprit logique n’est pas mon meilleur atout. Et pourtant, j’ai réussi à construire moi-même une marketplace C2C. Alors, bien sûr, c’était du no code sur Bubble. Mais vous pouvez demander à ceux qui s’y sont essayés, ce n’est pas si évident. Depuis le moment où j’annonçais l’ouverture à la mise en vente, 7 mois se sont écoulés. Je triche un peu, car j’ai été aidée par Victor, mon mari qui est développeur informatique et qui a fait la partie la plus technique, car je n’avais pas envie de faire des bêtises avec les données de paiement !

 

D’où vient le nom de ta société ?

Andy Family c’est une histoire basée sur l’amitié. Dans un célèbre dessin animé, Andy, qui a grandi, donne ses jouets à la petite Bonnie. C’est en nous inspirant de cette anecdote que nous avons imaginé cette plateforme de vente et d’achat de jouets d’occasion. Le jouet s’inscrit comme un passeur de témoin, un copain qui a une histoire et qui nous fait progresser.

 

As-tu été accompagnée pour la création ?

 J’ai tout fait toute seule. Je rentre dans les prochains jours dans le programme de « Pépinière 27 » qui vont m’aider à lever les subventions de la BPI. C’est le moment d’investir plus dans mon site.

 

Quels sont tes futurs challenges ?

 Je dois tout d’abord me focaliser sur les performances du site. Mais mon plus gros challenge est de faire connaitre Andy à un maximum de familles !

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

 Je citerais en premier ma maman. Mon papa est mort quand j’avais 7 ans. J’étais l’ainée et la dernière avait 6 mois. Elle est un bel exemple de courage, car elle nous a éduqués en continuant de travailler.

La 2e est mon amie Marie Decamps de Tina Paris : elle a 25 ans et a déjà créé 3 sociétés. Parfois elle se demande pourquoi après deux échecs, elle persévère dans l’entrepreneuriat ? Elle se réveille chaque matin en sachant que la seule chose qui puisse l’empêcher de réussir, c’est elle-même. Son credo est d’embarquer des gens dans l’aventure avec elle et construire quelque chose qui a du sens. Elle possède une force indescriptible qui fait que malgré toutes ces galères, elle n’a pas envie de baisser les bras.

Plus classique je très inspirée par le courage de Malala et de Simone Veil qui malgré les freins et les statuquos ont fait bouger les lignes.

 Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

 Je suis une fan de biographies. J’ai adoré « Bad Blood » de John Carreyrou. Je l’ai lu il y a quelque temps et depuis j’ai écouté le podcast encore plus édifiant. En 2014, la fondatrice et PDG de Theranos, Elizabeth Holmes, était considérée comme le « Steve Jobs » féminin. Sa start-up promettait de révolutionner l’industrie médicale avec une machine qui rendrait les tests sanguins beaucoup plus rapides et plus faciles. Soutenue par des investisseurs tels que Larry Ellison et Tim Draper, Theranos a vendu des actions lors d’une levée de fonds qui valorisait la société à plus de 9 milliards de dollars. Il y avait juste un problème : la technologie ne fonctionnait pas ! C’est tout un système qui est remis en question. Il est passionnant et se lit comme un thriller.

Je citerais également « L’obsession du service client » de Jonathan Lefèvre, ou les secrets d’une start-up « Capitaine Train », qui a parié sur l’expérience client et qui s’est fait ensuite racheter par Trainline. En allant à contre-courant des idées reçues sur le service client, ils ont transformé ce sujet dévalorisé en un solide levier de croissance.

 

 Pour finir aurais-tu une devise ou un mantra ?

 Oui j’en ai deux ; « La chance sourit aux audacieux » qui me parle beaucoup, et « tout ce qui nous ne tue pas nous rend plus fort ».