Success-story, Franchise

Interview de Céline Molière co-fondatrice de Emilie and the cool kids, et présidente de Bads Girls good Cakes.

By Pascale Caron

J’ai découvert Céline lors d’un événement « Elle active » à Nice. Elle témoignait de son expérience de créatrice, et elle m’a bluffée et inspirée par son côté « Rock-en-Roll » et sa success-story.

Céline est diplômée du Skema (alors Ceram) de Sophia Antipolis. Elle a fondé avec Emilie, Emilie’s Cookies & Coffee Shop en 2007 à Nice. Décoré comme l’intérieur d’un appartement, c’est un lieu de vie convivial et fonctionnel qui ravit les amateurs de pâtisserie. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En 15 ans, ce coffee shop de centre-ville est devenu une entreprise florissante avec 13 franchises, 5 boutiques en propre et 45 employés.

 

 

Comment as-tu créé Emilie and the cool kids?

Tu vas penser que c’est un storytelling tout droit sorti d’un bouquin de marketing, mais c’est véridique. C’est l’histoire d’une amitié entre voisines, qui remonte à l’époque où Emilie Zmaher venait déposer ses cookies et muffins sur mon palier. Mon meilleur ami l’avait rapatriée de Paris et c’est comme cela que l’on s’est connues. Moi je rentrais des états unis avec une forte envie d’entreprendre et nous avons alors décidé de créer ensemble le premier coffee shop d’inspiration américaine à Nice en 2007, sur 30 m2, rue Alberti. Depuis mon premier séjour aux usa, cette idée germait en moi. J’avais travaillé au sein des hôtels Méridien et c’est la rencontre avec Emilie, si différente et si complémentaire qui a cristallisé le projet.

Nous avions réussi à rassembler 15 000 euros avec une idée très précise de ce que nous voulions faire : du business plan, les playlists, et même jusqu’à la déco des toilettes… Les banques ne nous ont pas suivis, mais une rencontre avec l’association Initiative Nice Côte d’Azur (Fier entreprendre à l’époque) nous a permis de faire de notre rêve une réalité. Ils nous ont doublé notre apport et nous ont accompagnés. C’est là que j’ai connu Valérie Ammirati, qui est encore aujourd’hui mon comptable, mais aussi mon mentor. Je m’investis toujours au sein d’Initiative, je fais partie du conseil d’administration, pour leur rendre un peu ce qu’ils m’ont donné.

Au départ on a privilégié l’emplacement plutôt que la superficie, une déco comme à la maison, du bon café, car on est proche de l’Italie, et une biscuiterie adaptée aux goûts français. Emilie, spécialiste des gâteaux et pâtisseries, a créé presque l’intégralité des recettes, j’ai imaginé les mets salés. Nous avons ouvert notre 2e lieu en 2009, rue de la Préfecture dans le Vieux Nice, après la grossesse d’Emilie. On aurait pu s’arrêter là et je serais surement passée à autre chose, car je suis quelqu’un qui s’ennuie rapidement. Mais en 2011, un jeune Monégasque, Anthony, nous propose de lancer une franchise à Monaco, et l’aventure commence. Notre savoir-faire unique était transférable et nous avons pivoté vers le métier de franchiseur tout en misant sur l’artisanat, le fait sur place et le lieu de vie imaginé comme un Concept store.

Au départ notre ADN, c’était plutôt le coffee shop de quartier, mais cela ne nous a pas empêché d’investir Polygone Riviera à Cagnes-sur-Mer et de devenir une marque plus crédible et « bankable ».

Parle-moi du leadership, comment as-tu appris ton rôle de Leader ? Et qu’est-ce qui t’a amenée à ouvrir d’autres lieux ?

Je me suis entourée, je suis très organisée. Je ne m’épanouis pas vraiment dans le management pur, c’est pour cela que j’ai une équipe RH et que je ne veux pas dépasser 50 employés. J’ai le luxe de travailler avec des gens que j’ai choisis. Je prends plaisir à travailler avec eux.

Le leadership m’a empêchée de m’ennuyer, je suis passée de gérante de boutique à manager, puis chef d’entreprise multisite et ensuite franchiseur. Ce nouveau métier m’a apporté beaucoup : le fait d’accompagner des entrepreneurs dont le rêve d’une vie est de créer leur propre entreprise me passionne, à fortiori autour d’un concept que l’on a imaginé ! Pour moi l’image de la réussite c’est de conjuguer la quête de sens et la croissance. Bien sûr tout cela n’est pas facile et les employés du début ne comprenaient pas cette fuite en avant « on ne veut pas devenir Starbucks ! » me rétorquaient-ils. Clairement, ça n’a jamais été le but. Au départ, je suis allée à reculons vers la franchise : pour moi elle avait une mauvaise image. Mais nous l’avons fait à notre manière, avec notre modélisation, nos concepts et nos process. On a gardé le « fait maison » et à chaque ouverture nous repensons entièrement à la déco : nous nous sommes positionnés à contre sens de nos concurrents (Starbucks ou Columbus).

Nous avons créé également une filiale, « Bad Girls, good Cakes », à Cap 3000 : c’est une marque premium avec un positionnement plus haut de gamme, orienté sur le Cake Design.

 Quel a été l’impact de la crise du COVID pour tes activités ?

Cette crise a suscité une vocation de reconversion et une envie de création chez pas mal de monde : nous avons beaucoup de demandes de franchises dans les tuyaux.

De notre côté ça a été, 24 à 48 h de grand choc : depuis le début nous n’avions jamais éteint nos machines à café. Puis la boite à idées s’est mise en place : on a offert des cookies aux soignants, puis nous avons lancé les kits de cookies à faire chez soi, la vente à emporter, le site e-commerce. On a pu constater que notre modèle était résilient. Nous avons essuyé une perte de 25 % de chiffre d’affaires, nous qui avions généralement une croissance de 25 % par an. Cela nous a obligés à recalibrer les emplacements sur des tailles plus réduites, 60 m2 avec un modèle plus rentable.

Au départ j’avais beaucoup réfléchi à monter mon entreprise aux USA plutôt qu’en France. Je m’étais souvent fait la réflexion que j’aurais surement mis beaucoup moins de temps à réussir qu’ici : mais cette crise a rebattu les cartes. Je n’ai pas eu à me séparer de collaborateurs, à mettre la clef sur la porte. Je suis reconnaissante de ce que l’état français a mis en place pour sauver l’emploi.

Quels sont tes prochains challenges ?

Notre ambition est de devenir le 1er réseau de coffee shop artisanal de France. Nous voulons nous servir de cette petite avance que nous avons prise sans perdre notre âme et notre identité : notre croissance doit être vertueuse.

 Et qu’en pense Emilie ?

Emilie, je pense que ça lui aurait très bien allé de rester rue Alberti pendant 15 ans ! Elle m’a proposé d’ouvrir un Emilie’s Cookies en Islande. Elle y a retrouvé le bonheur de ce qu’elle aime faire : créer des recettes. Nos avis ont divergé en termes de développement et j’ai racheté une partie de ses parts, je suis majoritaire dans la structure. Mais elle est toujours là en cas de coup dur et ça lui est arrivé de débarquer de Reykjavik avec son sac à dos pour donner un coup de main !

 Est-ce que tu t’es toujours imaginée entrepreneure ?

Je viens du milieu de la musique underground, avec des grands-parents aux convictions politiques plutôt rouges. À l’époque, c’était la mode d’avoir un groupe de rock dans le garage de ses parents, mais c’étaient généralement des garçons. À 15 ans j’ai fondé un groupe de filles au nom tout en finesse « Dickless ». Ça a été ma 1re expérience entrepreneuriale : j’ai dû démarcher les bars, organiser les concerts, imprimer les affiches… J’ai eu plusieurs formations et je n’ai jamais été une bonne musicienne (les enregistrements l’attestent). Cette expérience m’a appris à lancer mon produit, à faire du marketing et à apporter une pincée de punks dans la bonbonnière !

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Valérie Ammirati, est pour moi une source d’inspiration incroyable. Généralement, les femmes, fortes, indépendantes qui n’ont écrasé personne sur la route du succès m’inspirent. Les femmes pensent souvent quand elles ont du succès « j’ai eu de la chance, j’étais là au bon moment », mais elles réussissent grâce à elle-même, il n’y a pas de hasard.

Les filles qui se sont imposées dans le milieu du Rock si masculin m’inspirent également : Janis Joplin, Patty Smith, mais aussi Courtney Love, Les Riots grrrls qui imposaient « all girls to the front » dans leurs concerts. On prend notre place devant !

 Quels livres nous conseilles-tu ?

J’admire énormément Virginie Despente et je conseille « King Kong Theory », un essai féministe qui analyse le rôle et la place des femmes dans notre société.

Je conseille bien sûr « À nos sœurs de combats » de mon amie Julie Meunier la fondatrice des Franjynes, une personnalité tellement authentique, dans sa colère ou sa joie !

 En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« Le risque, ce n’est pas de risque ». Le seul risque que je peux prendre c’est de ne pas le prendre au bon moment. Bien sûr, je l’évalue avant de m’engager et j’étudie surtout le risque de ne rien faire. En ne te lançant pas, tu peux passer à côté d’un truc, de ta vie… Mon dernier mantra est : « Non, n’est pas une réponse acceptable » !

À méditer.


[Startup] Tech

Interview de Alexandra Bréhier, présidente, co-fondatrice de TalentCoin,

by Pascale Caron

Juriste de formation, Alexandra Bréhier a travaillé pendant plus de 10 ans au sein de Monaco Telecom. En 2017, elle a l’idée de TalentCoin, une plateforme RH d’identification prédictive, de « matching » et de troc de compétences, basée sur l’intelligence artificielle et la technologie blockchain. Présente au Consumer Electronic Show (CES) full digital de Las Vegas 2021, cette plateforme web disponible depuis aout 2020 identifie les compétences des collaborateurs afin de répondre aux besoins ponctuels intra ou interentreprises. C’est un système de troc d’expertises qui permet de motiver et potentialiser sur ses collaborateurs en offrant leur Talent « as a service ».

Qu’est-ce qui t’a amenée à te lancer dans l’entrepreneuriat? Et comment est né Talentcoin?

Chez Monaco Telecom, ma spécialité était le droit en entreprise (droit des affaires internationales et technologies de l’information) et « tout ce qui n’est pas (encore) écrit ». Cela m’a permis d’étudier les marges de manœuvre dans les textes et penser « out of the box » des solutions créatives propices au business. Si on y ajoute une forte curiosité pour la technologie, j’ai pu m’intégrer rapidement dans les activités d’innovation au sein de ma société. Lors de mes recherches, j’ai réalisé que les entreprises regorgent de talents atypiques en interne et passent parfois à côté de 30 % de leur potentiel en tentant de les faire entrer dans un moule. Le talent c’est à la fois l’énergie, le moteur et le réservoir inépuisable de l’entreprise, qui n’en a pas toujours conscience et cherche ailleurs des ressources existantes en interne ou accessibles à proximité. C’est en partant de ce constat que m’est venue l’idée de TalentCoin.

J’ai souvent été entourée d’entrepreneurs et il m’est apparu comme une évidence que je devais me lancer. Créer TalentCoin a été ma manière d’apporter ma contribution au monde qui m’entoure et l’impacter positivement.

Souvent les sociétés mettent leurs talents « sous séquestre » en considérant que leur contribution leur appartient. Elles restreignent ainsi le champ des possibles pour les équipes et pour la réussite de leurs projets qui échouent faute d’engagement ou de profils adéquats. Cette période de COVID a ouvert ce mode de pensée et on parle plus de cycle de vie de la compétence, et de parcours professionnel, sans enfermer les potentiels dans des définitions de fonctions limitantes.

À TalentCoin on permet aux ressources vitales de l’entreprise d’être en autonomie sur leur parcours. C’est une tendance qui s’est impulsée notamment chez Orange qui nous a fait confiance. Le secteur bancaire également doit se réinventer, se dématérialiser, trouver de nouveaux leviers de motivation des équipes et de prise en main de leur trajectoire professionnelle. C’est pour cela que ce « sourcing » et cette approche de « gestion autonome de trajectoire » intéressent en particulier le Crédit Agricole, Banque populaire, ou encore la Banque Postale.

Nous avons démarré notre aventure sur fonds propres et avec de la Love Money. Nous sommes 6 associés (dont 2, particulièrement engagées), cinq talents en temps compté. Une collaboratrice détecte des profils et assure la coordination RH interne et chez nos membres.

 

Comment se passe la cartographie des compétences de TalentCoinet la mise en relation?

L’entreprise qui rejoint la plateforme doit investir du temps pour ses employés, et ils doivent avoir eux-mêmes envie d’investir en eux. On commence par un questionnaire qui peut prendre de 45 minutes à plusieurs heures afin de décrire ce qui fait sa singularité dans son profil, différemment de l’édition d’un CV formaté. Les questions vont de « qu’est-ce qui te fait lever le matin » à « qu’est-ce que tu refuserais de faire ». On passe de « quelle est ta fonction » à « quelles sont tes compétences », « qu’est-ce que tu peux faire » à « ce que tu saurais et aimerais faire ».

Ces réponses découpées par l’intelligence artificielle tant en français qu’en anglais, enrichissent les données plus organisées et pré établis du CV et des référentiels métiers.

Le résultat est un mix de données en langage naturel et un référentiel de compétences que notre Intelligence Artificielle (IA) analyse ensuite. Le résultat est affiché sous la forme d’un diagramme-araignée avec une priorisation de ce que le talent veut faire. Ce résultat est transmis à l’entreprise (décideur, opérationnel, RH) avec le consentement du talent et lui permet de se voir proposé à des sociétés anonymement lorsqu’ils sont la bonne réponse à un besoin.

« Talentcoin » agit ensuite comme place de marché de courtage avec une gestion automatisée de troc ou mutualisation en offrant une compensation entre les services acquis et vendus comme missions par ses membres sur la plateforme. L’objectif est de mettre l’accent sur l’intelligence numérique collective afin d'optimiser les talents, l'efficience professionnelle dans les résultats et l’impact des compétences mises en œuvre.

 

Comment utilisez-vous la Blockchain?

 La Blockchain facilite la confiance et la transparence c’est pour cela que nous avons décidé de partir avec cette technologie. Tout le monde partage une information tracée et non discutable en temps réel et les échanges ainsi que les transactions (contrats noués sur la plateforme) sont visibles par les parties prenantes de la communauté de manière distribuée. Tout peut être partagé avec la preuve que les compétences sont réelles, comme un tiers de confiance. Elle est ultra sécurisée, grâce à son architecture, il est extrêmement difficile de modifier son contenu.

Nous utilisons donc cette technologie pour assurer la confiance dans les transactions, la pertinence des profils talents/missions certifiée technologiquement, mais aussi la sécurité avec une authentification forte et une traçabilité et une transparence des réalisations.

 

As-tu été accompagnée pour la création?

Nous avons commencé avec « Chain accelerator » qui détient 1 % de TalentCoin. C’est le 1er accélérateur européen dédié à la blockchain.

Nous avons fait partie ensuite de la 2e promotion d’Orange Femmes Entrepreneuses, ce qui nous a permis de signer notre 1er contrat d’expérimentation avec eux. Nous sommes également encadrés par les « Premières Sud » en post création et accélérés actuellement par « Le village by CA » à Sophia Antipolis. Pour notre développement commercial, Rise Partner nous accompagne afin d’organiser une levée de fond sur l’année.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent?

Nelson Mandela m’inspire à plusieurs titres : sa persévérance, sa détermination, sa visualisation d’objectifs m’ont permis de comprendre que l’on est maitre de son destin et de son parcours.

Michelle Obama est également une grande source d’inspiration pour moi. Son livre sublime « Devenir » m’a fait réaliser que tu décides de ta trajectoire. Ce livre fait écho à TalentCoin.

 

 Aurais-tu une devise ou un mantra?

« On est maitre de son destin, capitaine de son âme ». « Be bold », à partir du moment où tu as l’audace de mettre en œuvre tes rêves, tu ouvres le champ des possibles.

 


[Coaching] Papa

Entretien avec Maxime Laroche, fondateur de l’Atelier du Papa

Par Patricia Cressot

Nous souhaitons en savoir plus sur votre parcours personnel, parlez-nous de vous?

Je viens du conseil, où j’ai sévis pendant plus de vingt ans. Avec deux spécialités, le L&D et le pilotage des KPI’s et un angle d’approche iconoclaste: les biais cognitifs.

Et puis j’ai rencontré ma femme. Elle a ouvert le champs des possibles, dont la parentalité.

Rien n’aurait pu se faire sans elle. Nous avons, avec notre « grand âge » (Quarantaine passée), connu de sérieuses difficultés pour avoir un enfant.

Nous nous sommes fait aider, via FIV, en Espagne. Et cela à donné des jumeaux. Quatre ans bientôt, ces bêtes là !

Puis nous avons quitté Paris, pour tenter une nouvelle aventure, plus équilibrée.

 

Pourquoi avez-vous décidez, d’aider et accompagner les papas?

Pour moi, la paternité, bien qu’étant quelque chose de plutôt nébuleux, a toujours été un non sujet. Donc dès le début de la grossesse, nous avons participé à toutes les échéances:

Les craintes des premières échos, le développement des petits, la préparation de leur arrivée, les cours avec la sage-femme…

Après, et pour livrer un petit secret, ma vie a basculé lors de l’accouchement. En salle de neonat. Beaucoup de monde qui s’active dans tous les sens, il fait très chaud, c’est la nuit. Je suis à côté de mes pompes, je flotte presque… Et puis, dans sa couveuse, ma fille ouvre ses yeux et les braque sur moi. Je sais bien qu’elle ne me regarde pas. Mais cette émotion, puissante, m’a renversé, balayé. Je suis papa. Ouh p… ! Je suis papa !

Depuis, de l’UME, en passant par le congé pat’, les nuits avec les biberons de 3 heure du mat’ qui piquent bigrement, les changes, la bouffe, l’école, les soins, l’éveil…Nous avançons conjointement. Nous sommes parents. A part égale.

Et donc, au hasard d’une rencontre, je suis tombé sur l’atelier du futur papa. Avec Gilles, Vacquier de la Baume, nous avons discuté longuement. Le fit est passé. Et je me suis senti, légitime dans cette action. J’ai ressenti cette évidence. D’être aligné. Et lorsque j’anime, je suis pile poil là où je veux être. Je suis utile, je fais du bien. Un luxe !

A titre personnel, je m’adresse aux papas, pas aux pères, aux papas. C’est important dans l’articulation pédagogique des ateliers. Je ne suis pas réellement en posture de « sachant ».

Je suis un papa, qui prend les papas pour ce qu’ils sont, pas tels qu’ils aimeraient être, ou qu’ils pensent devoir être. Je lève les postures, vais les chercher, les bouscule parfois, euh, souvent. Et c’est le jeu. Ils vont vivre une expérience. Leur vie d’avant., c’est fini. Par contre la vie continue. OK, mais être autonome, çà implique quoi ? Mon organisation au quotidien va changer, je fais comment ? Qui va faire quoi ? Comment je fais avec mon boulot ?  Et c’est quoi ce foutu lien, comment je le crée ? Comment je le gère ? Et comment je fais avec ma femme ? Notre sexualité ?

Derrière ces préoccupations, il est crucial de leur faire toucher du doigt les notions de plaisir, d’émotions qu’ils vont éprouver en s’occupant de leur gamin. Et çà c’est ma botte secrète !!!

En quoi voyez-vous une différence entre mère et père s’il y en a une? ou comment l’inconscient collectif classe l’un et l’autre et quels sont vos tips pour sortir de ces classements ?

Pour être honnête, je manque de recul et de compétences pour m’aventurer sur ce sujet.

Je crois, par contre, que la société, dans sa composante réelle, nous montre que différents types de parentalités fonctionnent. Monoparentalité, homoparentalité, parentalité étendue (grand-parents, autres membres de la famille, amis proches…)

Après les biais et représentations sociales sont puissants. Prenons le cas du nouveau congé paternité: oui nous passons à 28 jours. Et après ?

C’est un changement de mindset dont nous avons besoin. Tant que celui-ci sera inférieur, et considéré comme « optionnel », les mentalités ne bougeront que très peu.

J’interviens dans des entreprises, où la maternité est encore trop souvent perçue comme un risque. Donc la paternité n’est pas spontanément la bienvenue.

Et puis, on colle encore une image peu valorisante d’un papa qui fait le choix de s’occuper de ses enfants. Ces clichés sont institutionnalisés, par les hommes mais aussi les femmes…

Alors que pour les entreprises, c’est un vrai vecteur de croissance et de durabilité.

Quand elles mettent en place une réelle politique de « parentalité », elles améliorent la qualité d’engagement des collaborateurs, donc l’engagement clients par la symétrie des attentions. De la création de valeur tout simplement.

Les ressorts de satisfactions sont toujours les mêmes, sens/utilité de mon travail, considération pour qui je suis, reconnaissance de mon travail, et, une rémunération correcte.

Certains l’oublie parfois !

Un petit conseil aux papas (et mamans aussi), pour le congé pat, prenez 15 jours ensemble, puis faites 2 « sessions » d’une semaine où le papa est tout seul. La charge mentale, çà se ressent, se comprend, et se pratique, au quotidien.

 

La place du père est-elle différente en Europe du nord peut être moins complexée par rapport à nos pays méditerranéen ? Ou c’est une fausse perception?

En fait, si vous prenez les pays scandinaves, la co-parentalité est effective.

Oui bien sûr, des dispositifs d’aides financières la favorisent. Néanmoins, c’est vraiment un question de mindset. Et cela embrasse les questions de développement, d’éducation, d’écologie, de systèmes politiques.

A contrario, vous prenez le cas de l’Allemagne, où des dispositifs similaires existent.

Et bien il est très mal vu pour une femme, de continuer à faire preuve d’ambition professionnelle, et d’élever ses enfants. Autrement dit, si une femme veut s’épanouir dans sa carrière, mieux vaut avoir un enfant tard. Ou pas du d’enfant tout. 

Dans les pays latins, des différences existes aussi. Mais pas là où nous le pensons.

Prenez l’Espagne, la très catholique Espagne.  Ils sont plus en avance que nous sur des sujets sociétaux: place des femmes, congé paternité, PMA, homoparentalité.

En France, il y a une réelle poussée conservatrice, en lame de fond, et les quelques progrès ne peuvent en aucun cas contre balancer la tendance, je le regrette.

 

Quelles sont les activités que vous suggérez de faire avec les enfants pour le plaisir et pour resserrer le lien père-enfants (évidemment selon l’âge)?

Et bien je vais vous dire, premièrement, pour tisser ce fameux lien, je parle du lien d’amour, d’affection, et bien il faut avant tout commencer par se l’autoriser en tant que papa.

Il faut donc être au plus clair possible avec qui l’on est. C’est un peu de boulot mais je pense que se préparer en se faisant aider pendant la grossesse n’est pas inutile.

Ensuite, j’insiste fortement sur la création du lien dès la grossesse.

Et puis, même si je ne vous l’apprend pas, les meilleurs « outils » sont encore et toujours, le jeu et le temps.

Comment les papas ont géré La COVID, les enfants, le stress travail, environnement anxiogène, manque d’activités/sortie?

Alors je crois qu’ici, il me faut remettre un petit peu les pendules à l’heure.

Nous aimons, collectivement, nous raconter des belles histoires. Mais si j’en crois les études sérieuses, les données du ministère de la justice, de l’intérieur et des services déconcentrés, ce sont les femmes qui ont majoritairement « encaissé » les différents confinements. Elles ont mis leurs carrière en « sommeil » pour s’occuper des enfants et de la maison. Les hommes, les papas en tête, ne se sont, pour une grande part, occupés que d’eux-mêmes, et de leur boulot, si important (oui je simplifie beaucoup, l’équilibre des salaires joue énormément…)

Des données récentes montrent que ceux qui ont bénéficié d’un espace dédié pour le télétravail, sont ces mêmes hommes. Leurs femmes se mettant souvent en quatre pour qu’ils puissent bosser tranquillement, alors qu’elles travaillaient souvent sur la table du salon avec les enfants en bruit de fond…

Si vous me demandez si les mentalités changent, je vous dis non. Si elles bougent un peu, je vous dis, oui. Et notamment chez les moins de 30 ans où l’équilibre vie pro/perso n’est pas un enjeu subalterne.

Mais je vais être direct, même si des spécimens rares d’hommes ont percuté et se sont appropriés au quotidien cette fameuse notion de charge mentale, force est de constater que, dans l’action, pas dans l’idée, si le souhait des hommes de participer plus activement n’est pas encouragé et soutenu par leur conjointe, ils restent dans le schéma classique. Madame pilote, et eux sont là en roue de secours.

Vous pouvez retrouver Maxime sur les liens suivants:

Linkedin
Mail AFPP
Page Perso Atelier du futur papa Provence
Téléphone
06 49 57 45 69


[casting] [Diversité] Gangz

Interview d’Anne Davené, co-fondatrice de Gangz

by Pascale Caron.

Passionnée de mode depuis toute petite, lorsque qu’elle faisait des études dans l’informatique à Paris, Anne se lance dans le stylisme et devient personal shopper. Elle imagine le concept de shopping événementiel. Après avoir travaillé pendant huit ans aux États-Unis dans la Business Intelligence chez Business Objects, elle décide de développer son activité de personal shopper online. Lorsque Marie Michaud et Anne Davené se rencontrent en 2012, les deux femmes partagent la même passion de la mode et le goût de l’aventure entrepreneuriale. Elles se lient rapidement d’amitié et décident d’unir leurs compétences. Elles créent un concours de mannequins New Fashion Generation en 2012 qui devient dès la 1re édition, le plus grand événement en France, devant celui de « Elite Model Look », avec plus de 80 000 candidatures ! Anne et Marie repèrent ainsi des « new faces » françaises et s’occupent de leurs placements dans le monde entier. Quelques années plus tard, en 2016, elles ouvrent leur propre agence digitale, Gangz.

 

Comment es-tu passée de Business Objects au monde de la mode ?

Depuis toute petite j’avais du mal à choisir : j’étais bonne dans beaucoup de matières, c’était difficile pour moi d’imaginer un métier, car le champ des possibles était infini. Il y avait une chose dont j’étais certaine, c’est que je voulais partir travailler aux USA. Lorsque j’ai rencontré mon futur mari à 18 ans, il savait que l’on partirait. Ce fut chose faite après des études d’informatique, je suis partie chez Business Objets dans la Silicon Valley. Travailler dans une structure américaine était un rêve pour moi : j’avais de l’autonomie, la possibilité de m’exprimer, je m’y sentais bien, à ma place. Je suis rentrée en France pour des raisons familiales et j’ai continué à travailler pour Business Objects France. Quand ils m’ont proposé de partir au Canada, j’ai dû faire un choix, celui de rester en France et de changer de carrière.

J’ai réfléchi et ai décidé de créer ma propre activité : j’ai toujours aimé la mode, sans être vraiment une fashion addict. Je me suis donc lancée dans de « l’évènementiel shopping » avec des sociétés américaines pendant 2 ans. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Marie. C’est elle qui m’a proposé un projet de casting. Nous avons alors fondé New Fashion Generation, qui dès la 1re édition a rassemblé 80 000 candidats, du jamais vu. Notre particularité était bien sûr le digital, mais également le fait que nous avions élargi les critères et ouvert les candidatures aux hommes. À partir de ce moment-là, notre aventure s’est accélérée et nous avons signé un partenariat avec Next Models à l’international. Très vite une frustration est née en nous, car sur toutes les personnalités atypiques que nous leur présentions, ils n’en sectionnaient généralement qu’un tout petit nombre correspondant à leurs critères. C’est de cette frustration qu’est née l’idée créer notre propre agence pour elles, les personnalités atypiques, les gueules, les rondes, les seniors…

 Peux-tu nous parler de Gangz ? Quelles sont vos valeurs ?

Nos valeurs sont l’égalité des chances, la beauté plurielle et l’emploi de proximité.

Notre agence ouvre ses portes à toutes les personnes majeures, sans autre critère d’entrée. Il n’existe pas de Gangzter type. Nos talents sont très différents les uns des autres ; ce sont des femmes et des hommes de tous horizons et à la personnalité singulière. Nous avons créé la catégorie YOU&ME, car il y a une vraie demande : dernièrement les chips Lays nous ont fait confiance pour une publicité, autant te dire que la catégorie YOU&ME a été bien sollicitée. Nous avons également des comédiens d’animation sur la plateforme qui sont généralement enrôlés pour des événements Pop-up éphémères.

Nous recrutons sur tout le territoire et à l’international et valorisons l’embauche de proximité via un système de géolocalisation facilitant la recherche de talents locaux. Il est d’usage que les agences recrutent à 90 % à Paris : nous avons voulu changer cela.

Notre vocation est de simplifier à la fois les candidatures et la recherche de talents pour les entreprises. Après avoir créé leur compte sur gangz.io, les clients peuvent établir des listes de « talents favoris » et remplir un formulaire avec les informations correspondant à leur projet. La plateforme propose alors des profils complémentaires adaptés. Les Gangzters reçoivent par SMS la demande de mission qu’ils acceptent ou refusent. Une fois la sélection définitive validée, les contrats de travail se génèrent automatiquement, lesquels sont signés de façon électronique. Le client peut ainsi gérer ses budgets depuis son dashboard et consulter nos suggestions afin d’optimiser ses dépenses. Nous avons inventé les entretiens en Visio différé, ce qui nous permet de caster nos gangzters avec plus de souplesse.

Il existait déjà des plateformes de mise en relation, mais aucune n’était complètement digitalisée, et nous sommes 30 % moins chères qu’une agence classique. Gangz est née en 2016 et depuis lors nous avons levé 1 million d’euros en 2019. Ces fonds ont été destinés à l’amélioration de notre plateforme et au développement d’un programme de rapid learning : la Gangz Academy. L’agence est implantée en France, Allemagne, Belgique, Suisse. Avec 10 000 Gangzters inscrits et 600 entreprises clientes depuis la création. Nous rassemblons une équipe de 14 personnes, dont 2 stagiaires.

 Quel a été l’impact de la crise du COVID sur ton activité ? Quels sont tes prochains challenges ?

Pendant la crise, si l’équipe était en chômage partiel, Marie et moi avons quand même continué l’activité commerciale et signé un contrat avec un gros client en événementiel en France qui nous a fait confiance pour ses développements à l’international. Nous avons fermé notre bureau à Paris et mis tout le monde en télétravail. Le bureau de Nice est devenu le point de chute où nous nous retrouvons 2 jours par semaine. Nous avons instauré des rituels comme le café obligatoire le mardi matin ou le Yoga du jeudi midi. Nous avons réuni tout le monde en séminaire de 3 jours aux iles de Lérins lors du déconfinement, ces moments sont essentiels pour se reconnecter.

Cette période nous a permis de nous poser, de réfléchir à la stratégie et aux process et de démarrer notre internationalisation. En mai 2021 nous avons rajouté 5 pays.

Nos prochains challenges, c’est de poursuivre cette internationalisation, mais à la vitesse supérieure : c’est pour cela qu’en 2022 nous partirons en campagne pour une deuxième levée de fonds.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Ce sont les gens du quotidien, ma boulangère par exemple qui garde le sourire tout le temps… Mais en premier lieu j’ai été inspirée par ma mère, prof de français et mes grand-mères, des femmes fortes qui ont toujours prôné l’indépendance et l’égalité.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je suis un fan de romans, je les dévore, ils sont pour moi un moyen d’évasion. Mon 1er souvenir en maternelle a été ma frustration de ne pas savoir lire. En général il me faut des livres épais avec des histoires. Depuis quelques années je ne lis plus qu’en anglais. Généralement quand je commence un auteur, je lis tout de lui. Actuellement je suis dans ma phase Harlan Coben, le dernier « Innocent » est très bien.

Pour terminer quelle est ta devise ?

« Qui ne risque rien n’a rien ». On doit créer ses opportunités et développer sa chance. Même de petits risques te permettent d’ouvrir le champ des possibles.

 


[Excellence] Haute-Couture

Interview de Ines Bensalah, créatrice de la marque Inessa créations.

By Pascale Caron.

Diplômée de l’International University of Monaco (IUM), Inès est créatrice de mode, sous sa propre marque Inessa créations. C’est une jeune femme pétillante avec des étoiles dans les yeux et une grande bienveillance. Si elle n’a encore que 23 ans, ne vous méprenez pas, elle est une redoutable femme d’affaires. Elle a monté sa société toute seule à Monaco et peut soulever des montagnes pour atteindre ses objectifs. Elle veut réussir dans le monde de la mode et de la création artistique, dans le but d’aider à faire évoluer notre société sur des sujets qui lui tiennent à cœur.

 

 

Qu’est-ce qui t’a amené à te lancer dans la mode ?

Depuis que j’ai 8 ans je m’imaginais sur les catwalks, applaudie en tant que créatrice : j’ai récemment publié sur Instagram des dessins que j’avais faits à l’époque. J’avais même déjà défini les prix de mes vêtements.

Je suis née à Bastia au sein d’une famille d’artistes et de médecins. J’ai toujours été très rigoureuse en cours, je suivais les règles, car je savais ce que je voulais réussir pour être indépendante. J’étudiais au lycée Jeanne d’Arc de Bastia et dans le cadre de la journée des métiers, l’Université de Monaco était présente. J’étais alors en classe de seconde et j’ai décidé que c’était là que je voulais aller. Monaco m’apportait un contexte international et protégé et mes parents m’ont fait confiance. Intégrer une école de business plutôt qu’une école de mode a été un choix : mon but a toujours été de créer ma propre société, j’avais besoin de comprendre les codes pour mieux les casser ! À l’IUM où je suis rentrée en 2016, j’ai été présidente de l’association des étudiants pendant 3 ans avec la ferme intention de marquer l’histoire de l’université. Lors de la 1re année, j’ai organisé le défilé de mes rêves. Le directeur qui au début trouvait le projet trop ambitieux a été bluffé et m’a incitée à entrer en contact avec la Chambre monégasque de la mode. 

En fin de 1re année, je devais faire mon 1er stage d’été. Je l’ai fait dans la startup d’un ami assez connu qui m’a aidé à comprendre le milieu et à rencontrer de bonnes personnes. À l’époque, je peignais déjà depuis plusieurs années et j’avais exposé lors de la fête nationale monégasque. J’avais été repérée par Matéo Mornar, un sculpteur contemporain très influent à Monaco. Pour me faire de l’argent de poche, je customisais des vêtements et des chaussures. J’ai donc proposé de customiser les vêtements qu’il vendait. Nous les avons fait porter par des personnalités monégasques et internationales ainsi que des athlètes très célèbres : ils se sont vendus bien au-delà de nos espérances. C’est grâce à ces expériences, que j’ai commencé à me faire une clientèle régulière dans ma ville natale et à Monaco.

 À partir de ce moment, tout s’enchaine à une vitesse folle : je m’investis dans des domaines qui touchent aussi bien la jeunesse, l’écologie ou l’humanitaire. On me décerne de multiples prix comme : Made-in-Monaco Fashion Award, remis à l’ouverture de la Monte-Carlo Fashion Week en 2019. L’entrepreneurship award m’a été remis lors de sa cérémonie de diplôme de l’IUM.

J’ai reçu l’Award d’honneur de la mairie de Furiani en Corse, le même prix qu’avait reçu Laeticia Casta 5 ans auparavant. J’ai participé à l’édition digitale de la Monte-Carlo Fashion Week hors concours et j’ai représenté Monaco à la Fashion Week de Milan avec la Chambre de la mode italienne.

En 2020 j’ai signé pour être la créatrice du défilé le plus attendu pendant le Grand Prix de Monaco : Amber Lounge. Il a finalement été reporté à 2021, j’ai pu réaliser un de mes rêves en présentant une collection swimwear de luxe. Quand je pense que 3 ans auparavant, j’étais volontaire pour poser les sacs VIP à Amber Lounge !

 

Tu es très engagée auprès des jeunes, peux-tu nous en parler ?

J’ai créé ma société en dernière année de bachelor à l’IUM. Aujourd’hui j’interviens auprès des classes de master1 et 2 à Sophia Antipolis, mais aussi de bachelor à l’IUM et à Milan. Les sujets abordés sont l’entrepreneuriat, le développement personnel et l’écologie qui me tient vraiment à cœur. Je leur transmets qu’il faut croire en ses rêves et compter sur soi. Je m’investis pour la jeunesse au sein de la croix rouge monégasque, de la chambre monégasque de la mode et chez les FLMM, femmes leaders mondiales Monaco.

Je veux être la meilleure version de moi-même, afin d’aider les autres. Je suis bien entourée d’amis proches, qui viennent principalement du sport de haut niveau avec différents athlètes connus, comme notamment Hugo Micallef, l’ambassadeur de ma marque à Monaco, qui est un jeune boxeur olympique monégasque.

C’est un monde sain où l’on doit se dépasser et avoir une grande rigueur mentale. On se tire tous vers le haut avec chacun notre propre esprit de compétition. J’adore sortir et côtoyer le monde de la mode et son côté blingbling, ça me permet de découvrir de nouvelles personnalités et de m’inspirer de la diversité qui m’entoure. Mais dans ce milieu pour moi « être authentique c’est le nouveau chic ». C’est ce qui m’a permis de réussir et continuer à faire ma place tout en gardant les pieds sur terre. Mon monde intérieur et mes valeurs me raccrochent à la réalité. Pour réaliser mes rêves en tant qu’artiste, je dois penser à la réalité et m’imposer une grande rigueur.

 

Quelles sont les valeurs véhiculées par ta marque, j’ai lu « made in France », écoresponsabilité…

La mode est éternelle, c’est une parcelle d’art. Je suis une adepte de l’upcycling. Les tissus que nous utilisons sont des fins de série de grands noms du luxe, produits dans les Vosges. J’ai un contrat avec une usine de renom qui travaille avec les grandes maisons du luxe et qui me fournit des tissus en Jersey Bio. Ils produisent mes collections de prêt-à-porter de luxe. La qualité est primordiale et le savoir-faire monégasque est une valeur que je revendique. Il est très important pour moi de contribuer à l’image d’excellence de Monaco à l’international.

Les packagings de ma marque sont compostables en amidon de maïs et deviennent du composte à partir de 180 jours. C’est un concept depuis le début de la marque de redonner vie à des vêtements inspirés des créations uniques qui m’ont permis de me diversifier et de rester fidèle aux valeurs que je soutenais ! Nous concevons des produits de haute qualité étudiés pour un emploi à long terme, fabriqués en France pour maintenir la vision luxueuse, éthique et locale ainsi que l’artisanat et le fait main avec l’aide de mes couturières. En développant une ligne de pièces uniques faites à la main, nous accordons une nouvelle vie aux vêtements. Pour la Journée européenne de la Réduction des Déchets, nous avons collaboré avec la Croix-Rouge monégasque. Nous avons montré comment on peut réutiliser et recycler de façon glamour et créative, sans aucun déchet, les vêtements que la Croix-Rouge donne aux gens en détresse.

 

Quel a été l’impact de la Covid sur tes activités, et quels sont tes nouveaux challenges ?

J’ai très mal vécu le 1er confinement, j’ai trouvé cet arrêt brutal injuste, car ne rien faire me déprime. J’ai pu profiter de ma famille pendant 2 mois en Corse, mais j’avais l’impression que l’on me volait un temps précieux. J’ai dû apprendre à faire une pause, en faisant de la méditation et de l’hypnothérapie. Je me suis occupée de moi en mangeant mieux et bio. Puis j’ai participé à ma petite échelle en confectionnant plus d’un millier de masques. Nous les avons réalisés en coton biodégradable que nous avons livré gratuitement à destination du personnel de la Croix-Rouge monégasque, des boulangers, livreurs et maraîchers… 

J’ai travaillé sur ma collection de prêt-à-porter et sur mon site de vente en ligne. J’y ai proposé un drop de 300 pièces sustainable en édition limitée des deux pièces phares que sont le lion et le phœnix. Le phœnix est un animal qui me correspond, car il symbolise la renaissance que j’ai vécue après cet arrêt forcé et qui m’a permis de me réinventer à chaque étape de ma vie. Nous sommes en boutique également, en Corse, Monaco, Luxembourg, Dubai et New York et bien d’autres. J’ai le support de plusieurs influenceurs comme Zoé Cristofoli, Mina Habchi et d’athlètes internationaux.

Mon plus gros challenge c’est de contrôler mes émotions tout en restant cette artiste wild et indomptable.

De nouvelles opportunités s’offrent à moi, notamment en novembre à Dubaï, où je représenterai Monaco pour l’exposition universelle. J’ai aussi un nouvel investisseur, ce qui me permet de développer ma marque de prêt-à-porter et d’améliorer le côté commercial. L’expansion à l’international est ma priorité et nous sommes aujourd’hui vendus dans plus de 6 pays ! Mais ce n’est que le début.

 

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

Tout d’abord, ma mère, elle est incroyablement zen. C’est un oiseau. On a toujours été couvés, mon frère, ma sœur et moi. Ma famille est stable et mes parents s’aiment depuis 33 ans. C’est cet équilibre qui me permet de naviguer dans ce monde de la mode, car elle m’a inculqué des valeurs saines d’amour que je compte donner aux autres. Les personnes toxiques sont parties d’elle-même.

J’adore Oprah Winfrey et son parcours de combattante. Je citerai également Monica Bellucci, icône de beauté, et Kris Jenner qui a réussi à créer un empire grâce aux médias et à l’influence !

 

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

« L’Alchimiste » de Paolo Coelho, est un merveilleux conte philosophique, une quête spirituelle que chacun de nous peut entreprendre. C’est une invitation à suivre son rêve pour y trouver sa vérité. « Nadja » d’André Breton dans les romans d’amour, ou « Ainsi parlait Zarathoustra » une œuvre magistrale de Nietzsche sur la foi en l’avenir et au futur. Toutes ces lectures nous inventent à faire le plus de bien possible avant la fin.

 

Pour terminer quelle est ta devise ? Et ton rêve ?

« Être authentique est le nouveau chic » et « success is the best revenge ».

Mon rêve : un jour je serais directrice artistique d’une grande maison. Je souhaiterais rester engagée et créer plusieurs associations dans le monde pour la jeunesse et l’éducation afin d’aider les autres à réaliser leurs rêves !


[Journaliste] Radio-TV

Interview de Marielle Fournier, journaliste radio, télévision, présentatrice et réalisatrice et consultante en communication.

By Pascale Caron.

Au sein du groupe M6 Marielle est plus connue du grand public pour l’emblématique « Les dossiers de Téva », où elle a présenté et réalisé des documentaires de société. Elle a consacré sa carrière à mettre en lumière des personnes remarquables, des faits de société et j’ai eu envie d’en savoir plus sur son parcours. Elle est très engagée auprès d’ONGs, comme « Ruban Rose », pour sensibiliser le grand public au cancer du sein et soutenir la recherche, « Toutes à l’école » de Tina Kiffer au Cambodge. Elle est également administratrice de l’association « Petits Princes ».

 

 

 

Qu’est-ce qui t’a amené à faire carrière dans le journalisme ?

À l’origine je voulais être danseuse, et j’avais fait le conservatoire à Nice. À la suite d’un problème de colonne vertébrale, j’ai dû arrêter net et me diriger vers une autre voie. J’étais très attirée par le cinéma et j’adorais raconter des histoires : le métier de réalisateur m’attirait. Je me suis dirigée vers des études d’histoire et de cinéma. Et puis un événement majeur a changé ma vie : en 1981, c’est la libération des ondes, et l’arrivée des radios pirates comme on les appelait, la FM ! Je me suis retrouvée derrière un micro, un peu par hasard pour dépanner une copine et mon histoire radiophonique a commencé. J’ai continué mes études en parallèle et je me suis construit une solide expérience d’animatrice radio sur le tas. C’est grâce à Armant Jammot, un grand bonhomme de la télé et de la radio que j’ai pu décrocher mon premier stage à Europe 1. Il m’a reçue par gentillesse et m’a gardé 2 h en conversation dans son bureau. Mon parcours lui a plu, il a cru en moi et a décidé de m’aider. Il est devenu mon mentor.

Je n’ai pas de journaliste dans ma famille, mais j’adorais les interviews quand j’étais petite et Tintin était mon héros. Mon expérience de 6 ans de radio « libre » a été déterminante. À l’époque il y avait peu de femmes sur Europe 1, nous étions 10 sur 70, difficile donc de se projeter et de se sentir légitime. Mais nous avions Catherine Nay, notre grande sœur, un personnage inspirant, un vrai rôle modèle.

Quand tu démarres, tu dois faire tes armes et commencer par des sujets lourds à toute heure du jour et de la nuit (accidents, explosion). Mais dès que j’ai passé la période probatoire, je me suis sentie dans une famille avec une vraie cooptation.

Toute jeune reporter à Europe 1, à 24 ans, on m’envoie couvrir le Noël de l’Élysée, sous la présidence de François Mitterrand. Vanessa Paradis chantait ce jour-là « Joe le Taxi », j’étais immergée sous les ors de la république. Dans la même journée, j’ai fait un reportage sur une petite mémé dans une banlieue défavorisée. C’est ce jour-là que j’ai touché du doigt ce que pouvait m’apporter ce métier : une vraie aventure humaine et une diversité incroyable. J’avais trouvé ma place.

 

Comment as-tu démarré à la télévision ?

Je faisais les infos à la radio le matin et c’est comme cela que je me suis fait remarquer par les patrons de chaine, TF1 tout d’abord et ensuite M6. Même si je n’ai pas fait d’école de journalisme, mes 6 ans de radio derrière moi m’avaient permis d’affirmer un ton qui sortait du lot, un style original. Je n’étais pas formatée et c’est sûrement ce qui les a attirés. L’équipe M6 bouillonnait de créativité avec une moyenne d’âge très jeune et une énergie incroyable. J’ai débuté par un format 10 min hebdomadaires, sur l’histoire, s’en est suivie une série de prime times, où j’étais la rédactrice en chef et l’animatrice. Nous étions une équipe de filles, dans une sorte de bulle, une expérience très forte. L’émission s’appelait « Demain tous » (Obèses, accros…). Elle abordait les tendances de société avec un positionnement entre Jean-Luc Delarue et Mireille Dumas. Un des tournants importants a été quand la chaine a racheté Teva. J’ai alors présenté les « Dossiers de Teva » pendant 15 ans. On a démarré avec de petits moyens, et j’ai pu réaliser des documentaires.

 

Quel est le documentaire qui t’a le plus marqué ?

Le 1er sûrement, il faut dire qu’il était particulier : j’ai abordé le sujet de la réinsertion des femmes après la prison. À l’époque il y avait le fait divers d’une femme qui avait tué ses enfants et les avait enterrés dans son jardin. Je me suis réveillée un matin en me demandant « après avoir purgé sa peine, qu’est-ce qu’elle devient ? ». Elles ne devenaient pas grand-chose en fait. Les juges évitent de mettre les femmes en prison, car elles perdent le contact avec leurs familles et quand elles sortent c’est souvent la récidive ou la drogue. Certaines n’avaient qu’une envie, c’est d’y retourner pour retrouver cet univers carcéral structurant. Leurs familles leur avaient tourné le dos. Se retrouver seule dans le silence les angoissait. J’ai fait d’autres reportages plus légers, comme la folie du tatouage ou encore le pouvoir dans le couple. À ce sujet j’avais pu interviewer un personnage emblématique qui portait la culotte : une ancienne grande dirigeante de Coca Cola Europe et jury des femmes en or. Avec l’accord de son mari, elle a accepté de nous montrer l’envers du décor. J’ai aussi mis en lumière les mamans qui avaient un handicap : au départ, la chaine n’était pas intéressée, mais le succès de « La famille Bélier » en 2014 les a convaincus.

J’ai arrêté la présentation des dossiers de Téva depuis 2 ans. J’ai continué une année avec des émissions spéciales, comme l’affaire Weinstein et le mouvement #metoo, et sur les enfants nés de fécondation in vitro avec donneur qui recherchent l’identité de leur père. J’ai continué la radio et je me suis lancée dans les podcasts.

 

 Tu fais également des médias trainings et des conférences, as-tu des anecdotes ?

Oui, dans notre jargon on appelle cela faire des ménages. Mais les conférences c’est intéressant, car on a la possibilité d’entrer dans les arcanes des grosses entreprises. Une année j’ai remplacé un journaliste à la volée pour Suez lors de l’expo universelle de Lisbonne. Ils avaient 3 jours de conventions sur l’Énergie. C’est là que j’ai connu Gérard Mestrallet : pour son discours de clôture, je lui ai proposé un format différent, une interview à la volée sans préparation. J’ai été fascinée par son intelligence et sa facilité de rebondir sur mes questions. C’est une belle gymnastique intellectuelle de s’adapter au contexte.

 

Tu enseignes également le journalisme à Nice, n’est-ce pas ?

Oui je ne fais pas de cours magistral, mais des travaux pratiques. On fait une conférence de rédaction le matin pour décider des sujets à traiter, ensuite ils partent en reportage et l’après-midi on corrige. Je transmets mon métier, c’est très important pour moi. Ils apportent leurs nouvelles visions des choses et moi la rigueur : je suis très exigeante, j’ai été à bonne école. Europe 1 était la radio de référence à l’époque. Je leur inculque des valeurs et leur apprends à ne pas zapper les informations. La transmission s’est beaucoup perdue actuellement : on est dans un environnement plus compétitif, où tout va plus vite. Les jeunes ont remplacé la génération des sexas sans avoir le temps d’apprendre d’eux.

 

Quel a été l’impact de la crise du COVID sur ton activité ? Quels sont tes prochains challenges ?

Je suis redevenue très Niçoise depuis le 1er confinement. J’ai passé 28 ans à me partager entre Paris et Nice, c’est un vrai changement de vie. Pendant cette période de calme, je me suis mise à écrire : c’est un travail collectif à 3, pour la télévision. C’est un peu tôt pour en parler, mais c’est passionnant. Je me suis lancée aussi dans des interviews sur Facebook, en présentant au début des artistes niçoises. Je vais développer ce format pour mettre en lumière des femmes, face caméra avec des plans simples, sans agressivité, dans l’empathie.

 

Tu es très engagée dans plusieurs associations, peux-tu nous en parler ?

Oui, tout d’abord l’association « Petits Princes » qui réalise les rêves des enfants atteints de pathologies lourdes. C’est tout d’abord l’histoire d’une rencontre avec Dominique Bayle, la fondatrice. C’est une femme incroyable, monitrice de ski, ange gardien. C’est un personnage étonnant qui en prenant conscience de la force de l’imaginaire pour les enfants malades, y a consacré sa vie. Je participe à mon niveau en activant mon réseau afin de réaliser les rêves.

Je soutiens aussi le travail extraordinaire de Tina Kieffer au Cambodge avec son association « Toutes à l’école ». Je connais Tina depuis 30 ans et je l’avais invitée dans des émissions. L’école Happy Chandara près de Phnom Penh scolarise les filles de la maternelle (qui ouvrira à la rentrée prochaine) au bac. L’association les accompagne dans leurs études et jusqu’à leur premier emploi. Chaque année, 100 nouvelles petites filles sont inscrites. Cela représente 1400 gamines et 3 promos de Bac.

 

 Peux-tu nous parler de ton expérience lors du Trek Rose Trip ? Je vous avais soutenues 😉.

Le Trek Rose est une belle aventure humaine que j’ai faite en équipe avec ma fille et une amie d’enfance. On était par équipe de 3, à pied dans le désert pendant 5 jours. C’est une course d’orientation, où tu parcours 20 km par jour. Cette aventure demande un grand travail sur soi. Au cours de ces épreuves, tu dois puiser dans tes ressources mentales et tu réalises ce que tu es capable de faire. Après cette expérience la vie devient plus intense. J’ai pu voir ma fille sous un autre jour, elle m’a bluffée et je lui ai découvert un tempérament de gagneuse : tant et si bien que nous avons remporté la course !

 

Quelles sont les personnes qui-t-on inspirées dans ta carrière ?

Tout d’abord Armant Jammot qui a été celui qui m’a mis le pied à l’étrier dans l’univers médiatique parisien, un grand monsieur de la télévision et de la radio. Sa rencontre a été déterminante pour ma carrière.

J’ai été inspirée par beaucoup de femmes que j’ai côtoyées dans mon travail. Pour moi travailler avec elles était beaucoup plus simple, car il n’y avait pas d’ambiguïté de séduction qui aurait pu parasiter quoi que ce soit. Je mentionnerai Catherine Nay, un personnage incroyable qui a eu une vie romanesque et également Simone Weil.

Dans ceux que j’ai eu le privilège d’interviewer, je citerai Maurice Béjart et Jean D’Ormesson. Ce sont des personnes d’une grande simplicité, comme la plupart des très grands d’ailleurs.

 

 Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Je recommande « La familia grande » de Camille Kouchner. En dehors du battage médiatique, c’est une œuvre littéraire extrêmement bien écrite, où elle se met en scène avec intelligence. Elle y dépeint les relations avec sa mère et les liens qui se sont distendus.

Pour terminer quelle est ta devise ?

« Au pire c’est non ! »


[Art] La Visite

Entretien avec Marie Theres, fondatrice de “La Visite”

Par Patricia Cressot

Après avoir obtenu son master en Histoire de l’Art à l’université de Vienne (Autriche) Marie-Theres Michel a dirigé une galerie d’art classique à Vienne. Elle décide ensuite de venir vivre en France. Un pays avec une culture, une langue et un savoir vivre qu’elle affectionne particulièrement. Elle s’installe d’abord à Paris où elle devient responsable d’une importante galerie d’art contemporain.

Sa vie privée la conduit ensuite à venir vivre sur la Côte d’Azur. Passionnée d’art et de culture, Marie-Theres Michel sillonne la région entre Aix-en-Provence et Monaco et y découvre des lieux extraordinaires.
Elle décide ensuite de mettre à profit son expérience de l’organisation d’événements artistique et sa connaissance de l’art pour offrir à ses clients des moments de découverte artistique uniques et entièrement personnalisés.

 

Quelle est votre première connexion avec le monde de l’art ?

L’histoire débute par mon arrière grand-père, Alfred Zoff, peintre de renom autrichien, entourée de ses œuvres parsemées dans la maison, mon regard s’émeut.

Je débute alors des études en histoire de l’art et prend connaissance d’une galerie qui travaille sur le catalogue de notre grand-père, alors mes parents fournissent lettres, articles et journal à a galerie et me propose que je les assiste. De là naît ma première expérience en galerie qui durera 9 ans.

En 2000, je rencontre mon mari, Frédéric et quitte la galerie viennoise, pour Lyon et travailler pour Art Price, la banque de données la plus complète (745 499 artistes référencés aujourd’hui). Mais le contact avec les artistes et les clients me manquaient. Je pars alors sur Paris pour la Galerie de Jérôme de Noirmont jusqu’en 2008. Une des plus grandes galeries d’art contemporain en France Après avoir mis fin en mars 2013 aux activités de leur galerie, Jérôme et Emmanuelle de Noirmont ont créé en 2015 Noirmontartproduction, une entité dédié à la production d’art contemporain, type Jeff Koons.

En 2009 je déménage dans le sud et en 2014 mes enfants plus grands, je souhaite reprendre mes activités artistiques, amener l’art vers les gens en organisant des expos  et des visites privées, de la nait « La Visite ». De 10 copines aujourd’hui le réseau est de 1000 participants qui viennent aux différentes visites. Des évènements d’art dans la région PACA, j’ai décidé depuis le confinement de mettre en avant aussi la musique.  J’ai souhaité que le soutien aux artistes soit dans la région, car on peut déjà commencer par aider ceux qui sont proches de nous sans aller très loin !

Quel courant artistique vous inspire le plus ?

Baigné dans l’art du 19ème et 20ème siècle avec un grand peintre classique type marine, j’ai aujourd’hui une faiblesse pour l’Art contemporain autres façon de s’exprimer et exprimer ses sentiments (politiques, personnels, ou de notre quotidien).

Comment voyez-vous l’évolution post-covid ?

Comment on se produit, se reproduit ? Comment continuer à faire vivre l’art ? L’art c’est la création. Pour continuer d’ailleurs à soutenir les artistes, j’ai créé « Mon Artiste et moi » association créée pour soutenir l’artiste. Nous avons 24 artistes sélectionnés et les ¾ sont parrainés. L’objectif est d’intègrer dans l’association pour faire des expositions, les artistes qui n’ont pas de moyens réguliers et vivent de création et ventes. Le 4 juillet prochain nous organiserons une expo à la villa Cameline à Nice. Cette action va au-delà du Mécénat, permettant de développer une amitié entre l’artiste et le parrain.

Des expos aux voyages d’art ?

L’été est riche en visite, le 8 juillet une visite et déjeuner à l’exposition d’Alberto Giacometti à Monaco, le 11 juillet un dîner artistes avec un Chef japonais dans un jardin parfumé à Grasse, un opéra le 18 juillet dans un jardin privé. Et les voyages artistiques sont principalement en Europe autour de visite de Fondations Privées, ou des «day trip » d’Amsterdam, Paris pour des expositions temporaires ou Biennale de Venise, en Toscane, dans les jardins de Nikki Saint Phalle, permet de découvrir l’art dans un autre cadre ou même sur place dans notre jolie région (Peyrassol, Le Muy, le Château la Coste).

Avez-vous une autre passion après l’art ?

Je suis très sociable, j’aime mettre en contact, je trouver cela fantastique. Je suis aussi une grande randonneuse, en Autriche où nous faisons des randonnées été comme hiver, respirer, découvrir des montagnes brutes, la nature.

Un souhait pour changer quelque chose dans notre société ?

Je trouve que nous ne sommes pas assez tolérants et j’aimerai que nous puissions accepter les autres tels qu’ils sont et laisser la liberté à chacun. Par exemple la pandémie a créé deux mouvements, entre ceux qui ont peur et ceux qui nient. On peut vivre avec ce problème si on accepte la liberté de l’autre. Chacun à sa manière d’interpréter et de ne pas imposer sa propre vérité.

 

http://www.lavisite.eu/


[Entrepreneurship] Princesse

Interview de Murielle Sitruk co-fondatrice de « Pourquoi Princesse », une entreprise qui s’engage pour briser les stéréotypes de genre dès l’enfance.

By Pascale Caron

Murielle possède un DEA en Propriété industrielle de Panthéon Assas (Paris II). Elle a commencé sa carrière dans le conseil juridique propriétés intellectuelles chez Vivendi et à L’agence du Patrimoine immatériel de l’état. En 2006 elle créé une première entreprise, Sweetcase, le trousseau parfait pour la maternité. Elle a ensuite co-fondé la Fédération de Lifestyle Bébé et Enfants en France (Kids Kube). Mais cette serial-entrepreneure ne s’arrête pas là. Il y a 3 ans Murielle a co-fondé avec Laura Drewett « Pourquoi Princesse » : pour en finir avec le sempiternel « rose pour les filles » et tous les autres stéréotypes qui ont la dent dure dès l’enfance. C’est un e-shop qui propose un univers « gender neutral ». Le but est d’élargir les champs des possibles montrés aux jeunes générations sans brider leur imagination et leur créativité en offrant des produits qui sont le reflet de toutes leurs passions. Elle vit avec sa famille à Paris (bien que Marseillaise for ever !) et a 2 filles.

Qu’est-ce qui t’a amenée à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

 L’idée de créer une société a toujours fait partie de moi. J’ai été élevée par une grand-mère businesswoman qui a été une grande source d’inspiration. Quand j’ai eu mon bac, je savais que je devais monter mon entreprise : mais par où commencer ? J’avais rencontré par hasard l’attachée de presse d’Élie Kakou qui m’avait dit « fait du droit ça mène à tout ». J’ai donc suivi ce conseil et me suis lancée dans des études de droit. J’ai débuté ma carrière dans une grande société. En 2006, à la suite d’un plan social, je me suis lancée dans un business d’accessoires de mode. C’était aussi la naissance de ma 1re fille et j’ai utilisé cette période pour me former au niveau business. Mais je n’étais pas encore prête et j’ai décidé de reprendre un emploi de salarié au ministère des Finances. Ce nouveau job paraissait cocher toutes les cases à l’agence du Patrimoine immatériel de l’état. On était un peu comme des consultants en mode « startup », mais j’ai rapidement continué à rechercher du sens. J’ai compris dans ces expériences de salarié qu’il faut apprendre à se concentrer sur soi-même et ne pas croire que ces sociétés nous appartiennent. L’envie de redevenir entrepreneur m’a de nouveau démangée au moment de la naissance de ma 2e fille. J’avais la volonté de construire quelque chose, d’avoir un impact, de créer et innover dans un monde en mouvement. Je suis persuadée que le changement et l’impact passent aussi par les acteurs de l’économie. Ma 2e boite, a duré 5 ans, mais il a fallu se rendre à l’évidence que ma rémunération n’était pas suffisante. En approchant le groupe GPE pour essayer de vendre ma société, ils m’ont proposé de les accompagner en tant que consultante en stratégie et marketing sur la transition de la marque Natalys, je suis devenue consultante.

Comment est venue l’idée de Pourquoi Princesse ?

Laura, mon associée cherchait il y a 3 ans, quelqu’un pour la conseiller : elle était issue du monde de la tech et avait une idée de création qui relevait de compétences comme les miennes. Le déclic s’était fait à la naissance du fils de Laura, son 2e enfant. Elle avait été choquée par le contraste entre les vêtements « garçons » aux motifs dinosaures ou voitures et les ceux « pour filles » rose pastel, couverts de cœurs, de fleurs, ou de papillons. Sa fille, qui adorait les princesses, comme les avions et les expériences scientifiques, lui demanda une robe avec des voitures de course : impossible à trouver ! Nous avions une vision commune et surtout nous voulions voir grand : face au manque de diversité dans l’offre proposée, aussi bien dans la mode, le jouet ou les messages adressés en général, nous ne pouvions rester sans intervenir. 

Nous avons créé « Pourquoi Princesse », car nous pensons qu’elles ont le droit d’avoir accès à bien plus que des habits de princesse, des produits de beauté et des activités stéréotypées. Pour stimuler leur confiance en elles et faire tomber les barrières auxquelles elles sont confrontées, nous avons eu à cœur de construire un univers de positivité et de possibilités. Nous avons transformé le concept initial d’empowerment des filles, à travers les robes, en un écosystème de « girl power » avec des livres, des vêtements et des accessoires inspirants.

Quel a été l’impact de la crise du COVID pour tes activités ?

L’impact a surtout été calendaire : nous avons dû repousser notre campagne de crowdfunding de mars à décembre. Mais nous avons mis à profit le confinement pour mieux connaitre notre communauté et renforcer les liens sur les réseaux. C’est ce moment-là que j’ai créé les mini-talks sur notre compte Instagram avec ma fille. Lors de ces talks, nous avons interviewé des « rôles modèles » femmes. Nous y avons convié des personnalités comme Aurélie Jean, Dr en Intelligence artificielle, ou Claraisse Agbégnénou championne du monde de judo. Depuis, l’activité s’est également installée sur Clubhouse, où j’anime un club sur l’égalité hommes/femmes. Nous avons des intervenantes inspirantes, comme Sabrina Herlory, la Directrice générale de MAC France qui est très engagée, mais aussi Emilie Daversin de V02 group, une Société de conseil en nouvelles technologies. Nous avons invité Chloé Sabban qui a créé les éclaireuses, le média social leader qui rassemble plus de 6 M de jeunes femmes sur les réseaux sociaux sur les secteurs de la beauté. Je reçois bientôt Mercedes Erra, fondatrice de BETC et présidente exécutive de Havas.

Quels sont tes prochains challenges ?

Définitivement c’est de lever des fonds publics et de rencontrer des Business Angels qui pourraient nous soutenir. Nous sommes une Digital Native Vertical Brand : nous cherchons des investisseurs concernés par le produit physique et qui n’ont pas trop peur du textile.

Nous avons rencontré Jean-Pierre Nadir dernièrement, le fondateur d’EasyVoyage, lors d’un jury de Business Angels. Il a été intéressé par notre concept, mais s’est quand même posé la question « Peut-on être engagé et faire grandir un business ». Pourquoi se pose-t-on encore cette question de nos jours ?

 Quelles sont les personnes qui t’inspirent ? Un livre à nous conseiller ?

 Tout d’abord, Simon Sinek. Il est une inspiration sur le leadership. Il a écrit « Start with Why: How Great Leaders Inspire Everyone to Take Action ». Ses interventions sur TED sont des événements.

Je parlerais ensuite de Ivan Chouinard. C’est un entrepreneur pas comme les autres. Il a créé la marque Patagonia. Son livre « Let my people go surfing » est fascinant. Cette marque est un exemple qui arrive à garder ses engagements tout en étant rentable. Nous avons tous la responsabilité de cesser l’hyper-croissance.

Je citerai également Mercedes Erra que je reçois sur Clubhouse, la fondatrice de BTEC. Et pour finir, je suis très inspirée par Delphine Horvilleur.

Sinon, je lis actuellement « Sapiens », l’essai de Yuval Noah Harari. De l’âge de la pierre à la Silicon Valley, au carrefour des sciences et de la philosophie, « Sapiens » interroge l’histoire globale de l’humanité à un rythme haletant. Je prends une bonne claque.

En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

Oui, « Soit le changement que tu veux voir dans le monde », de Gandhi.


[BUSINESS] Magie

Interview de Johann Bayle magicien conférencier digital et consultant.

By Pascale Caron

La spécialité de Johann ce sont les conférences alliant magie et business. Son approche combine ses trois passions : la magie avec 20 années de pratique, l’art du management, découvert durant ses études à l’école de commerce ESSCA et le développement personnel. Lors de séminaires, ateliers ou team-buildings, il aborde l’intelligence collective, la cohésion d’équipe, l’expérience client, le leadership ou encore la conduite du changement. Ce qui est fascinant, c’est comment le processus créatif du magicien peut favoriser l’innovation en entreprise.

J’ai fait sa connaissance lors du 8 mars 2020, la journée du droit des femmes, à l’occasion de l’événement de La Verrière co-working, le rendez-vous incontournable d’« En voiture Simone ».

Le thème était, « comment se réinventer en temps de crise » et je suis ressortie enthousiasmée par ce cadeau que Valérie Ammirati nous avait offert en organisant cet événement en digital. C’était un vrai défi, car en ces temps digitaux une nième réunion Zoom représentait un sérieux challenge. Pendant 2 heures, je n’ai pas pu détacher mon attention de l’écran, à la fois fascinée comme un enfant devant l’inventivité de Johann, et emballée par les messages qu’il passait. J’en suis ressortie excitée et j’ai eu envie de vous offrir ce cadeau à mon tour.

Qu’est-ce qui t’a amené à devenir magicien-entrepreneur ?

Enfant, j’ai beaucoup déménagé. Fils de préfet, je changeais de ville tous les deux ou trois ans et je devais à chaque fois me faire accepter dans une nouvelle cour de récré. La magie me permettait de briser la glace et de fédérer autour de moi. Au cours d’un déménagement sur l’île de Mayotte, où nous sommes restés trois ans, je me passionne pour David Copperfield. Mon père me propose un marché : lors de ses voyages à Paris, il me rapportera tout le matériel de magie dont j’ai besoin, mais notera toutes les dépenses, à rembourser grâce aux recettes des spectacles. En prenant conscience des montants qu’il m’avançait, j’ai compris qu’il croyait en moi. Cela m’a donné le boost de chercher des clients pour lui rembourser son investissement. De retour en métropole en 2002, je suis décidé à devenir magicien, mais à la condition de sortir diplômé de l’École Supérieure des sciences commerciales d’Angers ! En 2007 je termine mes études et je m’essaye aux spectacles de magie. Je me dis que j’ai peu de chance que ça marche, mais au moins je n’aurais pas de regrets. À ma grande surprise, ça a fonctionné ! Chaque saison venait avec ses événements, mariages, arbres de Noël, soirées de fashionweek ; je me produisais uniquement en tant qu’amuseur. Après chaque spectacle je notais toutes les observations que j’avais relevées lors de la séance, sur les dimensions humaines, car cet aspect me fascinait. Je n’imaginais pas que ces notes seraient plus tard la base de mon futur métier. Au bout de 3 ans, j’étais arrivé à la constatation que vivre de sa passion en faisant toujours la même chose c’est le meilleur moyen de la perdre. Je devais inventer de nouveaux tours de magie et j’ai pensé à une scénographie inspirée du monde du luxe. J’ai commencé avec la marque Hermès sur le thème de la métamorphose : cela a ravivé la flamme de la passion. Lors des lancements presse et dans les zones duty-free des aéroports, je faisais apparaitre des flacons de parfum ou des bijoux pour Bulgari, des bluebox chez Tiffany & Co…

 Je me transformais peu à peu en « Magicien anthropologue », car je continuais à noter mes observations dans mon journal. En 2014, j’ai décidé d’utiliser ces notes et de me lancer un nouveau défi afin de nourrir de nouveau ma passion. J’ai envoyé un mail avec le titre suivant à mes contacts « Comment la magie peut inspirer le management ? » et j’ai réservé un lieu à Paris. J’ai envoyé l’invitation comme une bouteille à la mer, à des managers, des leaders, et des commerciaux. Je n’avais pas encore écrit une seule ligne de ma conférence ! Le succès fut tel que l’on m’a sollicité quelques semaines plus tard pour une assemblée de dirigeants. Ce moment a changé ma vie. Quand j’ai vu ces PDG prendre des notes, j’ai réalisé que ce que j’avais appris en tant que magicien pouvait se transposer au business. Petit à petit, j’ai travaillé avec des marques comme L’Oréal qui m’ont demandé une conférence sur le thème de la confiance, Thales sur l’innovation, Nespresso, Air France, Shell… J’ai fonctionné au bouche-à-oreille et chaque nouvelle commande me permettait de créer un nouveau bloc de lego. Au fur et à mesure le magicien observait le contexte de l’entreprise et mon répertoire de legos s’agrandissait jusqu’à atteindre 80 thèmes. Je suis encore aujourd’hui entrain de comprendre ce qui s’est passé pendant 7 ans. Je me voyais comme un troubadour, et je n’imaginais pas que mes observations puissent intéresser des PDGs de sociétés. J’ai constamment testé les limites en me demande jusqu’où mon contenu pouvait être pertinent. Les dernières années j’ai amené les participants à partager leurs « success stories » entre eux. Je me suis nourri de leurs bonnes pratiques de dirigeants pour enrichir mon programme. Et je les repartageais grâce au langage pédagogique de la magie. J’ai alors posé mon costume de magicien et que j’ai endossé celui de « magicien-conférencier ».

2019 a été une année décisive grâce à 3 interventions majeures : quand j’étais en école de commerce, je m’intéressais aux travaux d’Éric Albert et son collectif USIDE. Je l’ai contacté en 2016 et en 2019 il m’a fait intervenir devant 600 cadres du Crédit Agricole. Finalement les participants nous écoutent en fonction du rôle que l’on décide de jouer. On fait « comme si », et on devient. En 2019, tout se passait bien. Je suis intervenu 2 fois au ministère de l’Intérieur. En décembre, j’ai donné ma dernière conférence devant un parterre de 600 entrepreneurs. La longue « standing ovation » que j’ai reçue m’a donné envie de voir encore plus grand. Des salles de milliers de personnes, me semblaient possibles…

Et la crise du COVID est arrivée… synonyme de l’écroulement de ton activité et comment as-tu rebondi ?

J’ai dû me réinventer et faire « apparaître » des concepts 100 % digitaux ! L’objectif est d’aider nos entreprises dans leurs défis actuels : maintenir l’esprit d’équipe à distance, favoriser les idées neuves, prendre la contrainte comme source d’opportunités, ou réenchanter le quotidien. On a bien besoin de magie en ce moment. J’ai pu surmonter le défi de la magie à distance en privilégiant les effets visuels, interactifs, et le « mentalisme ». Pour garder un auditoire captivé en visioconférence, la magie seule ne suffit pas. Mais combinée à d’autres outils pédagogiques (le storytelling, le questionnement stratégique, le jeu, l’expérientiel, etc.), elle permet un niveau d’attention étonnant. Mon prochain événement se fera devant 300 personnes, j’ai atteint les limites de zoom !

 Quels sont tes prochains défis ?

J’en ai 4 : mon 1er défi sera d’aider les entreprises à faire revivre des moments de complicités entre équipes avec mes team-buildings magiques. Mon 2e sera de développer mon activité de conférencier-magicien digital auprès des entreprises et du grand public. Le présentiel me manque intensément, ma place est sur scène. J’aimerai tant que les conférences reviennent, mais je sais également que le digital va perdurer : je table donc sur ce qui est certain. Le présentiel finalement deviendra un bonus ou une bonne surprise. Mon 3e, sera d’imaginer des expériences digitales fortes et nouvelles. J’ai souvent le retour « Je ne pensais pas que l’on pouvait ressentir autant de choses en digital ». Le pouvoir de la visualisation aide à ressentir des émotions, et donne l’illusion aux spectateurs d’une relation intimiste.

Penses-tu à internationaliser ton activité ?

C’est déjà le cas, je fais 1 conférence sur 2 en anglais. Les 2 dernières étaient à NYC et Singapour, c’est la puissance d’Internet.

Et au fait ton 4e défi ?

Le 4e est de réussir à trouver la femme de ma vie. C’est un vrai challenge dans ces temps digitaux !

Avis à nos lectrices ! Quelles sont les personnes qui t’inspirent ? J’ai cru comprendre que David Copperfield a été très important pour toi, et que tu as pu le rencontrer.

Oui, quand j’ai rencontré David Copperfield, je lui ai demandé pourquoi il avait autant d’avance sur tous les autres magiciens, depuis 30 ans. Il m’a dit que la raison principale était qu’il ne s’inspirait pas des magiciens. Ses sources d’inspiration venaient du monde du cinéma, du théâtre, des comédies musicales et il les importait dans sa magie.

J’ai suivi son conseil : je m’inspire notamment de Alan Menken, le compositeur des musiques de Dysney. La manière dont il compose et parle de la musique est transposable à la manière de communiquer. De manière générale, tous les conteurs me fascinent : toute personne qui va me raconter une histoire et me captiver, même un chauffeur de taxi ! Et en dernier lieu le monde de la danse : un bon tour de magie s’apparente à une chorégraphie. Même si on « connait le truc » ça reste agréable à regarder. Et j’oublie Steve Jobs, pour de multiples raisons, dont la force de la simplicité « focus and simplify ».

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Maupassant est mon auteur préféré, je citerai « Bel ami » par exemple : j’admire sa capacité à faire apparaitre des endroits, des images, et des personnages en peu de mots. Il dépeint la nature humaine dans ce qu’elle a d’intemporel. Un autre magicien du verbe c’est Jules Renard avec son journal, si visuel.

 En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

Je citerai la phrase du père Ceyrac « Tout ce qui n’est pas donné est perdu ». En ces temps bousculés, cela donne envie de donner plus que jamais…

 

[photo crédit pixabay-leandrodecarvalho]


[Entrepreneuriat] PHARMA

Interview d’Anne-Marie Noir, Président Directeur général des Laboratoires ASEPTA.

By Pascale Caron

De formation Psychologue clinicienne, diplômée de l’IAE de Paris en Administration des Entreprises elle rejoint les Laboratoires en 1994. Auparavant elle avait travaillé tour à tour comme psychologue en crèche familiale et PMI, responsable de formation et de recrutement, mais également professeur de psychologie.

À la suite du décès de son père Paul Lacroix, fondateur des Laboratoires ASEPTA, elle prend la tête de la société et la développe en favorisant l’innovation dans les produits et la renommée du « Made in Monaco » à l’international. En 2015 elle remporte le trophée « des Femmes de l’Économie de la région PACA Monaco » dans la catégorie : Chef d’Entreprise.

 Peux-tu nous parler des Laboratoires ASEPTA ?

C’est en 1943 que Paul Lacroix et Henri Mas fondent les Laboratoires ASEPTA. L’idée de départ venait des croupiers du Casino de Monte-Carlo qui se plaignaient de douleur aux pieds. C’est donc grâce à une crème podologique appelée AKILEÏNE que le laboratoire démarre. Depuis d’autres gammes prestigieuses ont vu le jour comme VITA CITRAL, ECRINAL, COUP D’ÉCLAT et dernièrement D’ÂME NATURE. Les Laboratoires ASEPTA sont une entreprise familiale co-dirigée de nos jours par les descendants des membres fondateurs.

Plus de 75 ans après sa création, nous fabriquons toujours en Principauté de Monaco des gammes dermocosmétiques qui ont acquis une renommée internationale en restant fidèles à notre devise « Recherche Qualité et Innovation ». Aujourd’hui, nous employons plus de 200 personnes dans une structure moderne régie par les normes internationales en cosmétiques. Notre présence mondiale s’étend à plus de 60 pays sur les cinq continents grâce à un réseau de distributeurs et nos filiales en Allemagne, Belgique, Suisse, Tunisie et Canada.

Quelle success-story, étais-tu préparée à prendre la co-direction de l’entreprise ?

Pas vraiment ! Dans ma vie j’ai fait des choses différentes et je me suis souvent lancée sans me poser de questions : « je prends le risque et j’y vais ». C’est en lisant « Chien perdu sans collier » de Gilbert Cesbron que j’ai su que je voulais être psychologue. À l’époque mon père m’avait soutenue « si c’est ce que tu veux faire, fais-le ». Je me suis rapidement confrontée au marché du travail, car je n’avais pas choisi une voie facile. J’ai finalement rejoint un cabinet de recrutement : c’est ainsi que je suis rentrée chez un de mes clients comme adjointe du DRH. Mon mari est psychiatre et au cours de sa coopération nous sommes partis 1 an au Sénégal, avant de nous installer à Paris. J’ai eu 2 filles et 1 garçon. Ce dernier qui a lui aussi démarré sa carrière par la psychologie a rejoint les Laboratoires ASEPTA depuis 2 ans et il prendra ma succession.

Je n’envisageais pas de rentrer à Monaco dans l’entreprise de mon père. À cette époque mon père était à un carrefour. Il fallait prendre une décision pour les Laboratoires et il m’a demandé de le rejoindre, de m’engager à ses côtés pour prendre sa succession et pérenniser ce qu’il avait construit. J’ai donc décidé de suivre une formation continue à l’IAE pour ainsi une fois mon diplôme en poche rentrer à Monaco et intégrer l’entreprise.

J’estime que j’ai eu beaucoup de chance, car je n’ai pas eu à créer cette entreprise. J’ai également un excellent associé Monsieur Georges MAS, avec qui je m’entends très bien. En 2023 ASEPTA aura 80 ans. Nous avons une très grande stabilité des salariés, certains sont restés dans l’entreprise pendant 40 ans. Nous sommes dans la période de renouvellement, parce que les baby-boomers partent à la retraite : c’est une nouvelle page qui se tourne. Nous sommes dans la continuité de la volonté de mon père : nous travaillons en famille, nous restons indépendants et nous pérennisons l’emploi à Monaco.

 Comment as-tu géré le poids des responsabilités ?

Je ne me suis jamais posé la question, j’ai appris en marchant. Pour moi le travail est une valeur essentielle. Quand j’ai commencé, il y avait beaucoup de choses que je ne connaissais pas et j’apprends toujours. Je, suis bien entourée et je délègue tout en gardant le contrôle, même si la décision finale m’incombe. Je prends toujours un temps de réflexion, mis à part des cas d’urgence. J’utilise ma formation de psychologue. J’écoute les gens et une fois que ma décision est prise je ne reviens pas dessus de manière générale. Bien sûr on a quelquefois droit à l’erreur.

J’ai vu que par ailleurs tu es très engagée, peux-tu nous parler de l’association AFCEM dont tu es la vice-présidente ?

L’AFCEM (l’Association des Femmes Chefs d’Entreprise à Monaco) a été créée il y a 15 ans. À l’époque quand j’ai participé à sa création, nous étions 10. C’était une façon de faire connaitre les entreprises gérées par des femmes qui participaient à l’essor de l’économie monégasque. À cette période elles n’étaient pas vraiment reconnues. Nous avons fait beaucoup d’actions pour les femmes à l’étranger. Cette année sous la présidence de Joanna Houdrouge nous avons décidé de recentrer l’action sur Monaco. Nous avons pour projet de mettre en place un concours pour les étudiants, sur le travail en entreprise. Nous voulons créer des binômes, fille et garçon pour montrer qu’à plusieurs on est plus forts et surtout complémentaires. À travers l’éducation et les échanges autour de ce projet notre objectif est de démontrer que même s’il existe une distinction entre les sexes elle n’est en aucun cas un frein à la réalisation de projets. Chacun peut réaliser ce qu’il entreprend.

Quel a été l’impact de la crise du COVID pour les Laboratoires ASEPTA ?

La crise a été compliquée pour tout le monde, mais notre canal de distribution étant les pharmacies nous avons eu la chance qu’elles soient restées toujours en activité. Nous avons pu rebondir après les 2 mois de confinement. Nous avons eu une grande demande sur la gamme VITA CITRAL de crème pour les mains. A contrario, la gamme Sports Akileïne, dédiée aux soins pour les sportifs, a beaucoup souffert. Nous ne sommes pas à plaindre, car nous avons eu les aides précieuses du gouvernement et les employés ont exprimé leur volonté de reprendre le travail dès que cela a été possible.

Quels sont tes prochains challenges ?

L’entreprise est un moteur qui m’apporte chaque jour défis et challenges. Nous voulons aller plus loin et développer au maximum les Laboratoires ASEPTA, en France et à l’International.

Les consommateurs évoluent et leurs exigences avec. Depuis quelques années la composition des formules était la principale considération, désormais c’est une approche plus globale : emballages, approvisionnements, déchets… Dès à présent nous testons de nouveaux matériaux pour remplacer le plastique qui devrait être interdit en 2025. Le choix est difficile, car souvent une idée vertueuse au premier abord peut s’avérer encore plus désastreuse pour la planète à long terme.

 Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

En tout premier lieu, mon père : il s’était lancé dans l’entrepreneuriat alors que ses parents étaient issus de mondes complètement différents. Il a fait HEC et m’a toujours laissé suivre la voie que j’avais décidé de prendre. Il était très charismatique et était aussi un excellent commercial.

J’admire beaucoup Simone Veil, l’histoire de sa vie et ses batailles. La façon dont elle a rebondi en gardant son optimisme pour le genre humain après tout ce qu’elle a vécu est une grande source d’inspiration pour moi. Elle a eu une force de caractère hors norme tout en conservant sa simplicité.

Aurais-tu un livre à nous conseiller ?

Pour me reposer et me délasser, j’aime lire des polars. Je recommanderais « Le siècle » de Ken Follet. Ce livre traverse toute l’histoire depuis la 1re guerre mondiale et même si elle est romancée, elle fait réfléchir aussi sur notre époque actuelle et la montée des extrêmes.

 En conclusion aurais-tu une devise ou un mantra ?

« La vie est un risque et nous sommes là pour en prendre. Quand une occasion se présente même si elle n’est pas forcément réaliste, je fonce ».